La découverte, par James D. Watson et Francis H. C. Crick, en 1953, de la structure en double hélice de l'ADN (acide désoxyribonucléique) fait naître une redoutable difficulté : comment une molécule aussi complexe peut-elle se dérouler et se dupliquer à chaque division cellulaire ? Ces scientifiques suggèrent alors un modèle semi-conservatif, dans lequel l'hélice s'ouvre pour que chaque brin serve de matrice à la synthèse d'un nouveau brin. Deux jeunes chercheurs de l'université Yale, aux États-Unis, Matthew Meselson (né en 1930) et Franklin Stahl (né en 1929) vont le démontrer expérimentalement. Leur idée est de séparer les molécules d'ADN synthétisées selon leur densité (par ultracentrifugation), après avoir transféré une culture de bactéries d'un milieu contenant de l'azote 15 (15N, isotope lourd de l'azote) sur un milieu contenant de l'azote 14 (14N, azote plus léger). Grâce à cette astuce expérimentale, ils obtiennent, en 1958, des résultats sans ambiguïté : à la première génération, une bande unique apparue en ultracentrifugation montre un ADN de poids intermédiaire entre l'ADN lourd initial et l'ADN léger (ADN hybride constitué d'un brin lourd et d'u […]
