2. Une capitale régionale dynamique
Devenue, après la Révolution, simple chef-lieu de département, la ville administrative de Rennes est cependant une capitale déchue qui connaît un développement modéré. Si un palais du commerce est voulu en 1892 par le maire Le Bastard, il reste un bâtiment d'apparat et abrite le plus souvent des services administratifs. Jusqu'aux années 1940, la ville est essentiellement une cité d'État qui renforce ses activités traditionnelles (fonctions universitaires dès 1735, siège de la cour d'appel depuis l'Empire...). De dimension modeste (98 000 habitants en 1936), la ville reste influencée par le monde rural environnant et concentre jusqu'en 1954 un des habitats les plus défavorisés de toute la France (10 000 familles y vivent alors dans des logements surpeuplés).
Le véritable tournant rennais intervient après 1945. Dans l'espace, la ville passe « du bourrage à la dédensification » et connaît une croissance périphérique remarquable en diversifiant ses activités. L'arrivée de Citroën dès 1953 (construction de la Barre-Thomas) permet à la ville de développer des activités industrielles initialement liées à l'automobile (électronique) puis de plus en plus variées (par exemple les télécommunications sur le technopôle de Rennes-Atalante et l'industrie agroalimentaire avec l’ Agrocampus Rennes). La croissance de Rennes sur le plan universitaire est également spectaculaire (1 590 étudiants en 1900, 3 651 en 1939, plus de 67 000 en 2007). De même, l'affirmation du pouvoir régional s'est effectuée au profit d'une ville qui a assis sa suprématie sur une Bretagne administrative restreinte à quatre départements (la Loire-Atlantique ayant été rattachée en 1972 aux Pays de la Loire). La forte mobilisation qui s'est manifestée après l'incendie du Parlement de Bretagne (siège de la cour d'appel de Rennes), dans la nuit du 4 au 5 février 1994, est à l'image de la valeur architecturale et symbolique du monument (qui est réhabilité en 2004). Rennes est aujourd'hui plus que jamais la capitale de la Bretagne administrative et étend son influence sur tout l'est de la région. Elle attire aussi des personnes en provenance de Basse-Bretagne et des Franciliens qui utilisent le réseau T.G.V. pour bénéficier de sa qualité de vie. Cette attractivité suscite toutefois une tension réelle sur le marché du foncier, que Rennes a choisi de résoudre en favorisant une politique de densification urbaine très prononcée, ce qui n'est pas sans modifier le visage de l'agglomération.
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