Breton républicain et Français libre, ces qualificatifs symbolisent René Pleven, inamovible président du conseil général des Côtes-du-Nord de 1948 à 1976, député et ministre sous deux Républiques et deux fois président du Conseil des ministres de 1950 à 1952, au moment de l'ébauche de la Communauté européenne de défense (C.E.D.) et du lancement de la Communauté européenne du charbon et de l'acier (C.E.C.A.). Né à Rennes le 15 avril 1901, ce fils d'un colonel futur directeur des études à Saint-Cyr est élève des lycées de Rennes et de Laval ; docteur en droit et diplômé de l'École libre des sciences politiques de Paris, il fait carrière dans les affaires. Il croise dès 1925 l'européen Jean Monnet et, de 1929 à 1939, il est directeur général pour l'Europe de l'Automatic Telephone Company.
Rallié au général de Gaulle dès le 19 juin 1940, René Pleven contribue au ralliement de l'Afrique-Équatoriale française, dont il devient secrétaire général lorsque s'y constitue le Conseil de défense de l'empire. Le 24 septembre 1941, il est l'un des neuf membres du Comité national français à Londres. Commissaire à l'Économie, aux Finances et aux Colonies, il coordonne l'ensemble des affaires civiles. En tant que commissaire aux Colonies, il préside en février 1944 la conférence de Brazzaville, qui affirme le principe “ l'Afrique aux Africains”, mais esquisse l'évolution de l'empire vers une France de 110 millions d'habitants dont les indigènes des “ provinces lointaines” seront “élevés peu à peu jusqu'au niveau où ils seront capables de participer chez eux à la gestion de leurs propres affaires”.
Compagnon de la Libération, le ministre des Colonies passe aux Finances en novembre 1944 ; il subit les critiques du ministre de l'Économie nationale, au sujet d'une politique d'emprunts et de relèvements de salaires que Pierre Mendès France juge inflationniste. Mais René Pleven répond que “la trésorerie ne peut supporter les dépenses de guerre et de reconstruction et combattre l'inflation que par un a […]
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