C'est entre 1941 et 1943 que René Nelli se révèle tout à la fois comme un poète en langue d'oc (Entre l'esper e l'abséncia, 1941) et un double érudit : en érotologie médiévale et en métaphysique manichéenne. Les deux grands articles du numéro spécial des Cahiers du Sud sur le Génie d'oc et l'homme méditerranéen (1943), « De l'amour provençal » et « Fragment d'une métaphysique d'oc », ouvrent le champ d'une curiosité pour le Moyen Âge occitan qui s'élargira bientôt dans toute l'Europe.
En 1945, la naissance de l'Institut d'études occitanes charge l'écrivain d'une responsabilité à sa mesure. La maturité de René Nelli est atteinte dix ans plus tard. Après un court ouvrage, « Poésie ouverte - poésie fermée » (Cahiers du Sud, 1947), où il dévoile son intelligence exceptionnelle de l'acte poétique, il dirige une grande recherche où se croisent sociologie, histoire et philosophie sur le sujet du catharisme (Spiritualité du catharisme, 1953). Surtout, il s'affirme comme un des plus importants poètes de son temps avec Arma de Vertat (« âme/arme de vérité », 1952). Ce livre enchaîne quatre thématiques, toutes du domaine de l'inqu […]
