3. Vers une reconnaissance internationale
La Seconde Guerre mondiale remet en cause son œuvre. À nouveau, le peintre estime devoir réagir aux conditions de l'époque et, en 1943, il abandonne un style qu'il juge trop cérébral et trop pessimiste pour exalter le plaisir dans la couleur : c'est sa période « Renoir » (1943-1947). En 1945, il adhère au Parti communiste belge. Pour Magritte, l'artiste doit aller vers le soleil afin de créer les conditions non plus d'une critique de la société, mais d'un « réenchantement » du réel. Jugée kitsch et grossière, cette veine le conduit à l'échec. En 1948, réagissant avec une virulence provocatrice, Magritte prend congé de ce style de peinture à l'occasion de sa première exposition personnelle à Paris. Présentées à la galerie du Faubourg, ses œuvres sont alors qualifiées de « vaches » ou de « fauves » (d'où le nom de la « période vache », 1947-1948) et soulèvent une incompréhension que la Préface de Scutenaire, baptisée « Les Pieds dans le plat », ne fait que renforcer, avec ses accents empruntés à Céline.
Magritte fait bientôt marche arrière. Sa rencontre, en 1948, avec le marchand new-yorkais Alexandre Iolas, qui devient son galeriste attitré jusqu'à sa mort, le conforte dans ce sens. Revenant à un imaginaire qu'il décline avec volupté en imagerie, Magritte va multiplier ses images poétiques comme autant de poèmes plastiques (La Clé de verre, 1959, collection Menil, Houston). La reconnaissance vient progressivement. Il expose avec régularité et les rétrospectives se multiplient. En 1953, il obtient la commande d'une décoration murale destinée au Casino communal de Knokke-le-Zoute : Le Domaine enchanté. En 1959, Luc de Heusch réalise le film Magritte, ou la Leçon des choses. Magritte reprend ses projets de revues (La Carte d'après nature en 1952, Rhétorique en 1961). En 1965, la rétrospective organisée au Museum of Modern Art de New York sonne l'heure d'une célébration dont Magritte profite peu. Il décède le 15 août 1967.
[…]… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 3 pages…



