2. À la recherche du bijou moderne
Sensible aux ornements floraux à la mode durant le second Empire, dont le goût perdure dans la décennie de 1880, Lalique va introduire progressivement une liberté et une fantaisie personnelles dans les projets et réalisations qu'il propose aux bijoutiers-joailliers du Palais-Royal : par exemple une grande parure représentant un vol d'hirondelles, inspiré d'une planche de La Manga d'Hokusai, dont les estampes illustrant les multiples aspects de la vie japonaise parviennent en France autour de 1860.
La scène artistique française vit à l'heure de l'éclectisme, qui remet pêle-mêle à la mode l'art antique, à la faveur de l'exposition de la collection Campana acquise par Napoléon III en 1861, l'art égyptien, le Moyen Âge sous la forme du néo-gothique véhiculé par le romantisme et l'architecte Eugène Viollet-le-Duc. Quand au regain d'intérêt pour la Renaissance, il permet de revenir à la technique de l'émail, et apporte à travers la personnalité exceptionnelle de Benvenuto Cellini une dimension architecturale qui transforme la conception que Lalique se fait du bijou. Le riche répertoire iconographique hérité des arts d'Orient et d'Occident qui s'offre ainsi à René Lalique lui donne la possibilité de jouer des correspondances entre les règnes de la nature, le minéral, le végétal, l'organique, dans une synthèse que lui suggère le symbolisme.
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