Qui, mieux que Goscinny, peut nous introduire à Goscinny ? « J'ai touché la main de Brassens, je suis au mieux avec Sempé, j'ai bien connu René Fallet, un soir à Montmartre, j'ai même salué Marcel Aymé qui parlait aux pigeons. Alors si vous me demandez aujourd'hui qui je suis, je répondrai que je suis l'homme qui n'a pas dit bonjour à Goscinny. » Le ton est donné.
1. D'un ailleurs à l'autre
Deux ans après son frère Claude, René Goscinny naît à Paris, le 14 août 1926, de Stanislas Goscinny, ingénieur chimiste venu de Pologne, et d'Anna Beresniak, d'origine ukrainienne. Son grand-père maternel, Lazare, qui a ouvert une imprimerie à Paris, est l'auteur du premier dictionnaire yiddish-hébreu.
Deux ans après la naissance de René, son père, appelé à de nouvelles fonctions, part avec femme et enfants pour Buenos Aires. René, comme son frère, effectue ses études primaires et secondaires dans les établissements français de la capitale argentine. En 1943, le décès de son père, terrassé par une hémorragie cérébrale, l'oblige à interrompre ses études. D'abord employé dans un service comptable, son talent de dessinateur lui vaut d'être engagé dans une agence de publicité.
En 1946, il embarque avec sa mère pour New York afin de rejoindre un membre de la famille. Les débuts professionnels aux États-Unis s'avèrent difficiles. À défaut d'exercer une activité satisfaisante, René Goscinny fait de nombreuses rencontres : celle de dessinateurs français et belges venus confronter l'idée qu'ils s'étaient faite d'un pays longtemps rêvé avec une réalité parfois rude ; celle de jeunes graphistes américains qui font leurs débuts dans un monde qui ne leur est pas plus accueillant qu'à leurs collègues étrangers.
René Goscinny trouve un emploi dans un studio où il côtoie Harvey Kurtzman, Will Elder et John Severin qui formeront, plus tard, le noyau de l'équipe de Mad Magazine. Tous se livrent alors à des besognes variées : publicités, illustrations de livres pour la jeunesse... C'est précisément chez un éditeur de livres pour enfants que Goscinny croit […]
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