On devait dire « Etiemble » comme on dit « Voltaire » : comme lui, ce polémiste-né aura mis sa plume vive et brillante au service de nobles causes, et en particulier celle de la littérature comparée.
Etiemble a fait place à Voltaire dans son cours publié sur L'Orient philosophique au XVIIIe siècle (1957-1959), récrit plus tard et enrichi sous le titre L'Europe chinoise (1988-1989). Il partageait avec lui certaines curiosités, pour Confucius, auquel il avait consacré un livre dès 1956, pour la querelle des Jésuites en Chine (1966), et pour ce vaste pays lui-même (Connaissons-nous la Chine ?, 1964). En témoigne la place qu'il fit à la littérature chinoise dans sa collection Connaissance de l'Orient (Gallimard-U.N.E.S.C.O.). Enfin, il eut pour le maoïsme une inclination dont il revint, avec la grande honnêteté intellectuelle qui était la sienne (Quarante Ans de mon maoïsme, 1934-1974, Gallimard, 1976).
La Chine n'était pas seule à attirer Etiemble. Professeur de littérature comparée à la Sorbonne de 1955 à 1979, il fit confiance aux chercheurs de tous les pays qui venaient vers lui.
On a parfois cru qu'il né […]
