2. La religion occasionnelle
Malgré les pratiques cycliques qui assuraient la bonne marche du monde, de nombreux dangers menaçaient chaque individu, qu'il fût roi, notable ou simple particulier. La religion doit y faire face. Cette insécurité constante a provoqué une réflexion religieuse qui a déterminé les relations personnelles de l'homme avec la divinité, mais aussi avec les démons, et c'est le fondement de la religion occasionnelle. Celle-ci doit prévoir les dangers par la divination et y parer par la magie.
• Le dieu de l'individu et ses démons
L'un ou l'autre des dieux du panthéon est chargé de veiller spécialement sur chacun des Mésopotamiens : le fidèle se proclame « fils de son dieu » ; celui-ci réside dans le corps du fidèle et l'accompagne dans toutes ses activités. Ce dieu est attribué à chacun par le nom qui lui est donné, généralement théophore : Assurbanipal, « Assur est celui qui a formé le fils », Nabuchodonosor, « ô Nabû, garde le rejeton ! » ; certains fidèles préfèrent cacher le nom de leur dieu. Devenu adulte, ou accédant à une charge officielle, le Mésopotamien ratifie le choix qui a été fait de son dieu par ses parents en gravant son image sur son cylindre-sceau ; il peut changer de dieu si sa nouvelle situation l'y invite, ou s'il n'est pas satisfait de son aide. Pour s'assurer les bonnes grâces de son dieu le fidèle lui doit un culte personnel dans sa chapelle domestique, simplifié mais analogue à celui qui est rendu officiellement dans les temples. En retour, son dieu lui doit aide et protection en toutes circonstances. Il a d'ailleurs fort à faire car l'homme est environné de démons qui le guettent. Ceux-ci échappent à la saisie des sens : « Personne ne les remarque, ils s'assoient à côté d'un homme de façon que personne ne les voie » ; ils sont souvent asexués ; ils n'ont pas de nom à proprement parler car ils ne possèdent pas de personnalité définie ; ce sont des puissances, des forces du mal ; ils sont nuit, ouragans, fauves. On les classe selo […]
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