Virtuose de la guitare de jazz et l'un des musiciens les plus complets que cette musique ait produits, Django Reinhardt présente cette particularité de n'être le disciple de personne (comme beaucoup d'autres musiciens de jazz, il ne connaissait pas une note de musique) et de ne posséder lui-même aucun disciple, bien qu'il ait inspiré en France quelques plagiaires. Cette insularité esthétique, qui reflète un tempérament fantasque, est aussi la conséquence du mariage en son art de deux cultures irréductibles : la culture tzigane (il était Manouche) et la culture négro-américaine. L'« accident » Reinhardt n'en constitue pas moins l'un des plus fascinants chapitres de l'histoire du jazz, en raison du précieux faisceau de qualités exploité par l'artiste. En 1934, il forma avec le violoniste Stéphane Grappelli, deux guitaristes d'accompagnement et un bassiste le célèbre quintette du Hot Club de France, dont l'instrumentation inhabituelle ne fit pas non plus école. En 1940, il modifia la formule du quintette, le clarinettiste Hubert Rostaing remplaçant Grappelli. Après une tentative de carrière américaine en 1946, il prit une semi-retraite. Parmi ses nombreux enregistrements, on retiendra l'ensemble appelé Djangology (1935).
Alain GERBER
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