3. Le refoulement originaire
« L'oracle dit à Agamède et Trophonios : Le septième jour, votre désir le plus cher sera exaucé. Le septième jour, ils furent tous deux trouvés morts dans leur lit. »
Jusqu'en 1915, Freud est entièrement occupé par sa découverte fondamentale sur les manifestations de l'inconscient. Il n'en pose pas moins dès le début de son œuvre la question de l'inné et de l'acquis d'une part, celle de la constitution de l'appareil psychique d'autre part. Il reprend la première de ces interrogations dans Au-delà du principe de plaisir, œuvre à la fois spéculative et référée sans cesse à la biologie. Il y affirme la dualité des pulsions gouvernant l'existence de l'homme, des pulsions de vie et de mort, Éros et Thanatos, que relie dans leur fonctionnement l'automatisme de répétition. Par ailleurs, faisant de la mort le but même de la vie, il pose implicitement la question de la jouissance comme liée à la mort.
La seconde question, qui a trait à la constitution de l'appareil psychique, est reprise par Freud avec l'élaboration des instances que sont le moi, le ça et le surmoi, élaboration connue sous le nom de seconde topique. En vérité, il est plus conforme à la logique de considérer qu'il s'agit là de la seule topique élaborée par Freud : ce qu'on appelle première topique (inconscient-préconscient) représente les effets de découpe produits dans l'appareil psychique par l'introduction du langage.
C'est, semble-t-il, dans cette perspective que Lacan reprend la lecture de Freud : « Le langage est la condition de l'inconscient [...]. La réduplication que le discours provoque est ce que Freud nomme l'Urverdrängung [refoulement originaire]. »
Les zones érogènes, par le découpage qu'elles impriment à la pulsion et duquel naissent les pulsions partielles, marquent les limites que la vie du corps impose à la jouissance, limites dont le tracé est celui du plaisir, et, à proprement parler, du plaisir sexuel. Ce tracé suit les voies de l'apparition-disparition des objets pul […]
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