5. Conséquences pour l'homme des pressions sur les récifs coralliens
Naturelles ou anthropiques, les pressions exercées sur les récifs coralliens, entraînant leur destruction partielle ou totale, ont des conséquences pour l'homme, notamment en termes d'économie et de santé publique.
Les catastrophes de blanchissement entraînent une chute des revenus de la pêche vivrière pour les populations locales ainsi qu'une baisse de la fréquentation touristique. Il est à noter que les récifs coralliens attirent environ 15 millions de plongeurs sous-marins par an, répartis dans les 2 500 centres de plongée recensés dans les pays récifaux.
La destruction des coraux peut avoir des conséquences sur la santé publique. Il peut en effet se développer sur un récif en mauvais état une flambée de ciguatera, intoxication provoquée par la consommation de poissons récifaux. Présente dans les régions intertropicales coralliennes, la ciguatera, appelée familièrement « la gratte » dans le Pacifique sud, est due à un dinoflagellé : Gambierdiscus toxicus. Cette micro-algue toxique se développe dans le gazon algal (algues macroscopiques) recouvrant les récifs endommagés. Ce gazon algal, infesté de Gambierdiscus toxicus, est « brouté » par les poissons herbivores qui sont eux-mêmes consommés par des poissons carnivores. Les toxines de cette micro-algue (ciguatoxine, maïtotoxine) se transmettent et se concentrent ainsi tout au long de la chaîne alimentaire jusqu'à l'homme.
Il est impossible de distinguer à l'œil nu un poisson ciguatoxique d'un poisson sain. Ni la cuisson, ni la congélation, ni le fumage, ni la salaison ne peuvent éliminer les toxines. Autour d'un même plat de poisson, certaines personnes peuvent contracter la gratte, d'autres non. Cela dépend de la quantité de toxines déjà ingérée. Il semble qu'il existe un seuil de tolérance au-delà duquel on devient malade. Généralement, les plus gros spécimens d'une même espèce sont les plus dangereux, ceux-ci ayant accumulé plus de toxines. En revanche, les […]
… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 9 pages…



