5. Responsable et analyste dans la prise de décision
Si la recherche scientifique débouche sur une notion de loi, la recherche opérationnelle, abordant des phénomènes très complexes dans lesquels il faut étudier l'interaction de nombreuses grandeurs, a recours à un modèle pour simplifier et schématiser la réalité. L'approche expérimentale est difficile ; il n'est pas possible de faire des expériences en vraie grandeur, et l'homme intervient par sa décision. L'analyste dispose, pour ces modèles de situations complexes, des méthodes de simulation lui permettant de juger de l'opportunité ou de la validité de ses hypothèses quand un modèle analytique ne peut pas être élaboré. Ces méthodes « consistent essentiellement à réaliser, par des moyens artificiels, des expériences sur les phénomènes économiques » (R. Faure). Grâce à elles, le responsable peut à son tour mettre en évidence, à partir de données comptables et techniques, les résultats de politiques nouvelles.
Les cadres de l'entreprise peuvent aussi être initiés ou confirmés dans de nouvelles fonctions ou retrouver plus facilement leur place dans une nouvelle organisation.
Un problème n'ayant de sens en recherche opérationnelle que si l'on connaît la fonction à optimiser, le choix du critère dans l'évaluation d'une décision est primordial. La définition de cette fonction incombe par conséquent au responsable.
L'analyste peut toujours proposer, à celui qui fait appel à son concours, une éventuelle paramétrisation mettant en évidence les conséquences de certaines solutions possibles. Il doit insister sur le danger que peut présenter l'application de la recherche opérationnelle à des aspects fragmentaires de l'entreprise qui risque, si l'on néglige les interactions d'autres compartiments, de perturber l'équilibre de l'ensemble, mais il n'a pas à se soucier de la conduite du responsable qui, maître de ses décisions, doit savoir en accepter les conséquences.
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