Bien conjecturer a toujours été le principal souci de l'homme ; il a rapidement eu conscience des avantages qu'il pouvait tirer de la prévision d'une conjoncture. Les moyens ont évolué, la complexité des problèmes à résoudre est devenue telle qu'il n'est plus possible aujourd'hui de se fier au seul bon sens, bien souvent, du reste, incapable de pouvoir s'exprimer ; l'extrême complexité du monde moderne, l'accélération toujours plus grande du rythme de la vie ne permettent plus au responsable de se fier uniquement à ce sens des affaires, gage certain de réussite il y a quelques décennies encore. À l'intuition et à la déduction qualitative doivent se substituer une analyse plus rigoureuse et une expression numérique des faits permettant d'évaluer avec plus d'exactitude la décision à prendre.
Ainsi, dans trois domaines au moins, qui sont justement ceux où évoluent avec plus ou moins de bonheur les hommes d'action modernes : le combinatoire, l'aléatoire et la concurrence, la véritable intelligence échappe totalement au sens commun, la détermination d'un choix parmi un très grand nombre de solutions défiant la perspicacité, ou encore l'intervention du hasard dans le contexte d'une décision faisant douter des possibilités. La recherche opérationnelle propose au responsable un recueil de méthodes et d'algorithmes susceptibles de pallier éventuellement l'insuffisance du bon sens. Mais encore fallait-il que l'homme trouve dans l'ordinateur le complément qui lui était indispensable pour analyser, trier, comparer, calculer les masses d'informations recueillies. Saisir, dans ce monde de l'action flexible et fluctuant une permanence, est affaire à la fois du responsable de l'entreprise et du spécialiste en recherche opérationnelle. Il leur faut savoir établir la fructueuse collaboration permettant de donner de la réalité telle qu'ils la voient une représentation pas trop infidèle. Le responsable ayant une vue précise de l'organisation dont il a la charge possède l'expérience des phénomènes engendrant la situatio […]
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