Élève au conservatoire de Bruxelles, sa ville natale, Raymond Rouleau remporte, très jeune, les prix de comédie, de tragédie, de mimique et d'excellence. Il vient, vite, à Paris, où il participe aux côtés d'Antonin Artaud, au théâtre surréaliste Alfred Jarry. Il écrit une pièce, L'Admirable Visite, qui est montée à l'Atelier, par Charles Dullin. Pourtant, c'est à Bruxelles où il est venu prendre, en 1935, la direction du théâtre du Marais qu'il monte le spectacle auquel il doit son grand départ vers la célébrité : Le Mal de la jeunesse, de Bruckner. Il le présente à Paris, au théâtre de l'Œuvre, amenant avec lui sa troupe de comédiens, que la France allait garder : Madeleine Ozeray, Jean Servais, Tania Balachova, Lucienne Lemarchand.
Auteur, metteur en scène, acteur qui restera fidèle au théâtre, Raymond Rouleau va devenir en même temps une vedette du cinéma français, et pour longtemps. Lors de son premier séjour à Paris, il a débuté, en 1929 dans L'Argent, de Marcel L'Herbier. Un petit rôle. En 1930, il tourne, en Belgique, dans Ce soir à huit heures, essai surréaliste de Pierre Charbonnier et Une idylle à la plage d'Henri Storck. En France, dans les années 1930, le cinéma lui offre des rôles de jeune premier de charme. Capable de passer avec aisance de la comédie au drame, il est remarqué, notamment, dans Les Beaux Jours (Marc Allégret, 1935), Donogoo (Rheinhold Schunzel et Henri Chomette, 1936) d'après la pièce de Jules Romains, L'Affaire Lafarge (Pierre Chenal, 1937), Conflit de Leonide Moguy et Le Drame de Shangaï de Pabst, en 1938. Au cours de cette période, il réalise lui-même cinq films : Suzanne (1932), Une vie perdue (1933), Rose (1935, le plus original, dont le scénario est de Tania Balachova qui l'écrivit sous le pseudonyme de Daniel Scott), Trois, Six, Neuf (1936) et Le Messager (1937), d'après une pièce de Bernstein, où il a dirigé Jean Gabin.
Théâtre, cinéma, interprétation, mise en scène, tout se conjugue chez Raymond Rouleau. De 1940 à 1944, toutefois, le cinéma semble l'emport […]
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