C'est au début des années quatre-vingt qu'on redécouvre Raymond Guérin, tombé dans l'oubli depuis sa mort, en 1955. Les éditions Le Tout sur le tout, la revue Grandes Largeurs, Gallimard s'y emploient plus particulièrement.
La vie de Guérin n'a rien d'exceptionnel. À la fin des années vingt, il fonde La Revue libre, noue des amitiés littéraires avec J. Grenier, J. Paulhan, H. Miller, Malaparte. Sa place d'agent d'assurances à Bordeaux le met à l'abri du besoin, il se marie plusieurs fois... Mais cette vie banale fournit la matière de romans autobiographiques qui comptent parmi les plus importants de son époque. Ses années de formation, il les raconte dans L'Apprenti (1946) : « M. Hermès » y fait l'apprentissage de la vie dans les coulisses des grands hôtels où il est plongeur, camériste, etc. À travers Parmi tant d'autres feux... (1949), roman partiellement épistolaire où l'érotisme tient une large part, on suit l'éducation sentimentale d'un jeune homme d'entre les deux guerres. Dans Quand vient la fin (1941 puis 1945), Guérin réalise la prouesse de s'abstraire entièrement de son sujet : l'ascension sociale et la déchéance physi […]
