Né le 11 novembre 1907 dans une famille ouvrière des faubourgs de Toulouse, Georges Soulès entre à l'École polytechnique en 1927, puis à l'École nationale des ponts et chaussées en 1930. Son adhésion à la Gauche révolutionnaire ne l'empêchera pas en 1936 de diriger le Service des grands travaux à l'hôtel Matignon. Prisonnier sur le front en 1940, il est libéré en février 1941 après neuf mois d'oflag silésien. Dès lors, pendant deux ans, ses activités politiques occultes au sein du Mouvement social révolutionnaire d'extrême droite (où il crée une fraction clandestine pour éliminer le chef de la Cagoule Eugène Deloncle, tout en nouant des liens avec la Résistance) seront génératrices de beaucoup de malentendus. Après avoir créé en janvier 1943 le groupe clandestin des Unitaires préparant souterrainement l'utopique réconciliation des frères ennemis : pétainistes et gaullistes, collaborationnistes et résistants, Georges Soulès rencontre le contemplatif Pierre de Combas qui le détache de la politique pour l'orienter vers la philosophie. Lorsqu'il écrit en septembre 1944 les premières pages de Montségur, sa pièce de théâtre sur les cathares, Georges Soulès est devenu Raymond […]
