5. La recherche des rationalités collectives
Parallèlement au travail de clarification des concepts et d'interrogation sur le statut épistémologique de la rationalité, se poursuit la recherche des méthodes destinées à assurer la rationalité des décisions collectives. Dès que l'on dépasse le niveau de la micro-unité, dont les finalités sont assez simples, et traduisibles par exemple en une fonction à maximiser sous contraintes, on aborde la sphère des « macrodécisions » (F. Perroux) et les fondements des choix sont loin d'être aussi clairs. Une planification repose sur un ensemble de décisions obéissant à une logique complexe. Le domaine des calculs collectifs ne cesse d'ailleurs de s'accroître : il englobe les choix budgétaires, la santé, l'éducation, la sécurité des personnes. Ces choix collectifs impliquent la mise en œuvre de techniques nouvelles comme l'analyse des coûts par rapport aux avantages, le P.P.B.S. (Planning Programming Budgeting System), la R.C.B. (rationalisation des choix budgétaires) en France, les diverses formes d'analyse multicritères à travers lesquelles cherche à se définir une science de la décision.
À défaut d'analyser ici ces différentes méthodes, dont l'ensemble constitue le champ même des pratiques économiques contemporaines, on se contentera de signaler, d'après Y. Barel, quelques-unes de leurs caractéristiques.
En premier lieu, la rationalité sociale est intéressée autant par la cohérence des décisions à prendre que par leur efficacité, au sens étroit du terme. Les calculs d'efficacité gardent leur sens s'il y a un degré d'homogénéité suffisant entre les coûts et les rendements, s'il existe entre la décision et ses conséquences une relation suffisamment étroite, si le choix entre effectuer ou ne pas effectuer une intervention reste réellement ouvert. Mais les calculs doivent être replacés dans une stratégie fondée avant tout sur la cohérence d'une série d'objectifs, tenant compte de l'incertitude et s'efforçant de dégager, plutôt que des « p […]
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