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RAISON

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Platon

Le terme de raison – du latin ratio, qui désigne à l'origine le calcul pour prendre ensuite le sens de faculté de compter, d'organiser, d'ordonner – possède dans toutes les langues modernes une multitude d'acceptions qui, cependant, par des détours plus ou moins longs, peuvent être ramenées au sens premier. Une raison est ainsi un argument qui appuie une affirmation en la fondant selon un calcul logique. Un livre de raison est le livre de comptes d'une famille. Un homme raisonnable est celui qui tient compte des facteurs qui caractérisent la situation dans laquelle il est appelé à se décider et qui se décide alors en vue du résultat le plus favorable, soumettant ses penchants au calcul de ses intérêts. Partout, sauf dans quelques formules figées, comme « raison sociale », il s'agit d'une attitude ou d'une méthode qui s'opposent aux mouvements irréfléchis de la passion, du cœur, du sentiment.

Il n'est ainsi pas étonnant que le concept de raison joue un rôle essentiel, voire central, dans le domaine de la philosophie : encore les écoles qui s'opposent à la conception rationaliste et refusent de voir dans la « faculté » de raison ce qui caractérise l'homme, ce qui est seul capable de réaliser pleinement la nature humaine, sont déterminées par ce à quoi elles s'opposent. Cependant, le sens philosophique du mot n'est pas entièrement, et peut-être même pas principalement, fixé par ses liens avec le langage courant : depuis Cicéron, ratio sert également à traduire le terme grec logoslequel, quoique à l'origine non étranger au sens de calcul, désigne, dès la naissance de la philosophie grecque, le discours cohérent, l'énonciation sensée et, en tant que telle, compréhensible, admissible, valable universellement. Il caractérise par la suite non seulement ce discours, mais également ce que ce discours révèle, les principes de ce qui est vraiment et non seulement donné dans une opinion individuelle et arbitraire, non universelle ou non universalisable. La raison reste bien ce qui caractérise l'homme, être parl […]

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ANCIENS ET MODERNES

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Dans le chapitre "Les deux cultures"  : …  grand soin de la distinguer de la philosophie, pour laquelle il n'y a pas d'autre autorité que* la raison. Pouvait-on cependant reconnaître cette dernière sans admettre la pérennité de la vérité –  et déplacer alors les prétentions de la théologie sur le terrain de la métaphysique ? Par le travail critique, Kant, héritier direct des Lumières,… Lire la suite
ANIMALITÉ

Écrit par :  Florence BURGAT

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ANSELME DE CANTORBÉRY (1033/34-1109)

Écrit par :  Michel-Marie DUFEIL

Dans le chapitre "Un des premiers maîtres du dialogue entre la logique et la foi"  : …  L'adage Credo ut intelligam affirme cependant pour la première fois la place de la *raison dans le champ de la foi : comprendre ce que l'on croit. Les Pères orientaux et grecs avaient su valoriser et utiliser la raison et l'intelligence, même professionnellement, en face de la décadence des penseurs antiques. Mais leur champ était… Lire la suite
AUGUSTIN saint (354-430)

Écrit par :  Michel MESLIN

Dans le chapitre "Dieu"  : …  et l'enseignement de l'Église. Non que cette priorité de la foi soit pour lui obscurcissement de la *raison humaine : Intellige ut credas, affirme-t-il, tu dois comprendre pour croire. La foi, don de Dieu, doit être nourrie, soutenue par l'exercice, d'une raison humaine ; la foi cherche Dieu, mais c'est l'intelligence qui le trouve. Où ? D'… Lire la suite
BACHELARD GASTON (1884-1962)

Écrit par :  Guy SAMAMA

Engagé, il est polémique, c'est-à-dire qu'il s'instruit dans un dialogue renouvelé entre la *raison et l'expérience, dialogue qui remet en question les fondements du « réel » comme l'unicité de la raison.  À un réel feuilleté répond une raison parcellisée et pluralisée. Les problèmes scientifiques se formulent et se résolvent autrement… Lire la suite
BIEN, philosophie

Écrit par :  Monique CANTO-SPERBER

Dans le chapitre "Le bien comme bonheur, ou « eudaimonia » "  : …  l'Éthique à Eudème. Or le bonheur est activité, et la fin la plus digne d'être poursuivie. *Surtout, l'eudaimonia, qui est le bonheur propre à l'homme, doit se définir par rapport à l'activité spécifique de l'homme, qui est l'activité conforme à la raison et en accord avec la vertu. La vie humaine n'est une vie heureuse que si elle… Lire la suite
BLONDEL MAURICE (1861-1949)

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Dans le chapitre "L'action et l'infini"  : …  dans l'approfondissement du conflit qui les opposait. De sa rigueur même devait surgir la solution. *Si raison et foi semblaient incompatibles, c'est qu'on s'en tenait à des oppositions artificielles sans ramener l'une et l'autre à leur pureté originelle. Si on suit la genèse de la raison, on voit qu'elle est issue de l'action intégralement prise et… Lire la suite
BOUDDHISME (Histoire) - Le renouveau contemporain

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CAUSALITÉ

Écrit par :  Raymond BOUDONMarie GAUTIERBertrand SAINT-SERNIN

Dans le chapitre "Vers la causalité scientifique"  : …  autour de la Terre, et régissent les phénomènes en tout temps et en tout lieu de la même manière. *Bien plus, sous le nom de « principe de la raison suffisante », l'idée de cause acquiert une détermination logique supplémentaire : le programme de la raison ne consiste pas seulement à expliquer les causes des phénomènes, mais à établir que le monde… Lire la suite
CLÉMENT D'ALEXANDRIE (140 env.-env. 220)

Écrit par :  Pierre HADOT

Dans le chapitre "La Raison et le Christ"  : …  une morale d'inspiration toute hellénique. Clément n'éprouve pourtant aucun scrupule à le faire. *C'est qu'il est persuadé de l'identité de la Raison et du Christ. C'est la même Raison qui a inspiré les philosophes et qui, s'incarnant dans le Christ, a parlé par sa bouche. Seulement, les philosophes ne possédaient la Raison que d'une manière… Lire la suite
CRITIQUE DE LA RAISON PURE, livre de Emmanuel Kant

Écrit par :  François TRÉMOLIÈRES

EmmanuelKant *Dans la Préface à la première édition de la Critique de la raison pure (1781), Emmanuel Kant (1724-1804) établit un parallèle célèbre entre les progrès des sciences exactes et la confusion qui règne dans la « métaphysique », pourtant la plus ancienne et longtemps la plusLire la suite
CROYANCE

Écrit par :  Paul RICŒUR

Dans le chapitre "Kant"  : …  nécessaire au point de vue pratique, tel est le statut mixte de la foi raisonnable selon Kant. *C'est sur cette base que peut s'édifier une « philosophie de la religion dans les limites de la simple raison » ; celle-ci se propose d'éprouver les assertions de la religion révélée, donc de la foi au sens religieux et théologique, en les mesurant… Lire la suite
CULTURE - Nature et culture

Écrit par :  Françoise ARMENGAUD

Dans le chapitre "Le sophisme naturaliste"  : …  de culture, non seulement déborde celui de liberté, mais encore ne l'implique pas nécessairement. *Un couple de concepts plus proche et tout aussi classique est constitué par la nature et la raison. Ce couple possède une propriété remarquable, celle de la réversibilité, qui le rend finalement peu différentiel : la raison peut être d'ordre naturel… Lire la suite
DE LA RECHERCHE DE LA VÉRITÉ, livre de Nicolas Malebranche

Écrit par :  Francis WYBRANDS

… empreinte de théologie augustinienne, dont la Recherche de la vérité livre les fondements. *Il n'est qu'un seul maître intérieur auquel nous devons nous fier : la raison. Pour retrouver ce contact avec elle que nous avons perdu depuis le péché originel, il nous faut apprendre à redevenir attentifs à notre véritable nature. Foi et… Lire la suite
DERATHÉ ROBERT (1905-1992)

Écrit par :  Simone GOYARD-FABRE

…  de Pierre-Maurice Masson selon laquelle Rousseau aurait exalté « le sentiment aux dépens de la *raison ». Proche des vues de Georges Beauvalon — qui soulignait au contraire dans la pensée de Rousseau « une constante collaboration du sentiment et de la raison », la raison éclairant le sentiment et la conscience servant de principe et de règle à… Lire la suite
DESCARTES RENÉ (1596-1650)

Écrit par :  Ferdinand ALQUIÉ

Dans le chapitre "La raison appréciative"  : …  que le bonheur est toujours accessible, qu'il dépend de nous-mêmes, et du « droit usage de notre *raison ». Car seule notre raison nous permet « d'examiner la juste valeur des biens ». De quelle raison s'agit-il cependant ? Non, cette fois, d'une raison mathématicienne, qui ne peut connaître que des rapports de grandeur. Il est donc question d'… Lire la suite
DESCRIPTION ET EXPLICATION

Écrit par :  Jean LARGEAULT

Dans le chapitre "La critique de Meyerson"  : …  de l'explication scientifique de Meyerson s'appuie sur une conjecture touchant la nature de la *raison. Étudiant de nombreux exemples (mécanique classique, relativité), il y relève des marques d'un effort vers l'unité et l'identité. La réduction du multiple à l'un, du changeant à l'immuable, ce sont les caractéristiques attribuées à l'… Lire la suite
LA DIALECTIQUE DE LA RAISON, livre de T. W. Adorno et M. Horkheimer

Écrit par :  Francis WYBRANDS

… Max Horkheimer (1895-1973) ont fui le nazisme, achevée en 1944 et publiée en 1947, à Amsterdam, *La Dialectique de la raison. Fragments philosophiques constitue une œuvre charnière, qui ne rencontrera une réelle audience qu'à partir des années 1960. Le livre constitue une véritable déconstruction des concepts et des valeurs sur lesquels s'… Lire la suite
DIEU - Problématique philosophique

Écrit par :  Jacques COLETTE

Dans le chapitre "Dieu et le « cogito »"  : …  alors que pour Leibniz la monade-homme dépendant de Dieu partage avec lui la même rationalité. *Étant toutefois de moindre envergure, la raison humaine ne peut concevoir qu'une partie des possibles conçus par l'entendement divin, voulus par sa bonté, réalisés par sa puissance. L'extension progressive du principe de raison fait apparaître Dieu… Lire la suite
DUNS SCOT JEAN (1266 env.-1308)

Écrit par :  Maurice de GANDILLAC Universalis

Dans le chapitre "La foi et la raison (positions comparées de Thomas d'Aquin et de Duns Scot)"  : …  *À l'exemple d'Étienne Gilson, il nous paraît éclairant d'interroger d'abord le prologue de l'Ordinatio, parce qu'il contient un véritable dialogue entre les théologiens et les philosophes. La question est de savoir s'il y a place, à côté de la réflexion naturelle, pour une révélation surnaturelle. Longtemps on s'était plutôt demandé quelle… Lire la suite
EMPIRISME

Écrit par :  Edmond ORTIGUES

Dans le chapitre "L'empirisme défini comme théorie de l'évidence confirmative"  : …  sans illustration directe dans l'expérience, il ne cessait pas pour autant d'être un bon empiriste. *Seulement, pour assurer le va-et-vient entre la théorie et l'expérience, il n'est pas nécessaire de supposer que nous avons pour guide une Raison infaillible, aux principes irréformables, telle qu'elle est invoquée par la tradition rationaliste… Lire la suite
ENTENDEMENT

Écrit par :  Henry DUMÉRY

… *Pour Locke, l'entendement est le « pouvoir de penser » (ou la faculté de comprendre) comme la volonté est la « puissance de vouloir ». Pour Leibniz, entendement est synonyme d'intellection. Malebranche assimile entendement et esprit pur. De son côté, Kant oppose entendement et raison. Selon lui, la fonction de l'entendement est de relier entre… Lire la suite
ESTHÉTIQUE - Histoire

Écrit par :  Daniel CHARLES

Dans le chapitre "De Descartes à Kant"  : …  et le jugement, et par là de rendre pleinement compte de l'attitude humaine en face de l'art. *Mais sa philosophie, qui entreprend de généraliser le recours à la raison pour fonder l'ensemble des sciences, ne manque pas d'englober l'art comme tel dans cette généralisation. Pour partielle et provisoire qu'elle soit, l'esthétique cartésienne,… Lire la suite
FOLIE

Écrit par :  Alphonse DE WAELHENS

…  de très importantes variations, elle n'a jamais cessé d'apparaître en liaison avec celle de la *raison. La folie est l'autre de la raison, mais un autre dont le rapport à celle-ci varie selon les époques. La folie peut être un autre qui conteste la raison à l'intérieur d'elle-même. Elle peut être encore ce visage de ténèbres, cette… Lire la suite
HÉDONISME

Écrit par :  Henri WETZEL

Dans le chapitre "La vertu épicurienne"  : …  consiste dans l'équilibre corporel, toujours instable, qu'il faut maintenir et rétablir sans cesse. *L'intervention de la raison est donc nécessaire qui fixe les limites que le plaisir doit atteindre mais ne pas dépasser ; l'intervention de la raison ne modifie pourtant pas la nature du plaisir ; sa fonction s'applique exclusivement aux données… Lire la suite
HOBBES THOMAS (1588-1679)

Écrit par :  Raymond POLIN

Dans le chapitre "Un mécanisme strict"  : …  discours verbal, ce qui permet d'enregistrer et de signifier, pour autrui comme pour soi-même. La *raison est ce discours verbal, dans la mesure où il consiste dans la mise en ordre correcte des mots dans nos affirmations. Elle est ratiocination, un calcul correct de « tout ce qui peut être pris en compte » par des « noms » par des « mots », le… Lire la suite
HOMME - La réalité humaine

Écrit par :  Alphonse DE WAELHENS

…  : la rationalité ? La fameuse définition que donne de lui Aristote : l'homme est un animal doué de *raison, équivaut sans doute à une réponse affirmative. Et telle est aussi la portée des classifications que dresse l'arbre de Porphyre. Il importe peu, dès lors, que cette différence spécifique soit conçue comme la résultante finale d'une évolution… Lire la suite
IDÉALISME

Écrit par :  Jean LARGEAULT

Dans le chapitre "Kant : la métaphysique ramenée à une épistémologie"  : …  avec Leibniz et Wolff, prétend faire des hypothèses ontologiques à l'aide des seules lumières de la *raison, la pluralité des écoles, le manque de consensus et de résultats bien établis semblent à Kant témoigner contre elle. D'après les rationalistes classiques, les principes et les idées de la raison pure sont aussi les principes de la réalité en… Lire la suite
INFINI RÉGRESSION À L'

Écrit par :  Universalis

… *Parce qu'expliquer c'est remonter du présent à ce qui l'a précédé, du composé au simple, la régression à l'infini est un procédé logique qui tente de rencontrer une limite ou un terme premier ne dépendant plus d'aucune condition. L'impossibilité d'accomplir ainsi la régression, s'agissant d'un tout infini, est un argument sceptique, tandis que des… Lire la suite
INTELLECT & INTELLIGIBLES

Écrit par :  Édouard-Henri WÉBER

… *Du latin intellectus (le terme grec correspondant est nous), l'intellect est le principe de la pensée sous sa forme la plus haute ; à l'époque moderne lui correspondent des termes aux nuances particulières : intelligence, raison, esprit ; au xviie siècle : entendement. Pour Aristote, les aristotélisants arabes… Lire la suite
INTÉRÊT, sciences humaines

Écrit par :  Pierre KAUFMANN

Dans le chapitre "Psychanalyse et philosophie"  : …  et à quel titre l'intérêt du moi s'y ordonne. Le problème est ouvert par la Critique de la *raison pure, dans la troisième section de l'« Antinomie de la raison pure » – « De l'intérêt de la raison dans ce conflit avec elle-même » ; et l'on sait que Kant y envisage, du côté du dogmatisme : un certain « intérêt pratique » auquel « prend… Lire la suite
JEAN SCOT ÉRIGÈNE (810 env.-env. 877)

Écrit par :  René ROQUES

Dans le chapitre "Orientations méthodologiques"  : …  l'histoire des théologies et des philosophies par la place et le rôle essentiels qu'il accorde à la *raison. Comme fonction du νο̃υς, lui-même image de la Trinité, la raison « droite, saine, vraie (rectasanavera) », c'est-à-dire affranchie des préjugés, des passions ou des erreurs de sa condition empirique (nuncLire la suite
KANT EMMANUEL (1724-1804)

Écrit par :  Louis GUILLERMIT

Dans le chapitre "Les limites du pouvoir théorique de la raison"  : …  ont quelque chose de naturel et d'inévitable dans la mesure où elles trouvent leur origine dans *la raison elle-même. En effet, l'application de l'entendement aux phénomènes qu'il épèle pour pouvoir les lire comme expérience ne comble pas les exigences de la raison. L'entendement ne peut jamais expliquer un conditionné que par des conditions qui… Lire la suite
LEÇONS SUR LA PHILOSOPHIE DE L'HISTOIRE, livre de Georg Wilhelm Friedrich Hegel

Écrit par :  Francis WYBRANDS

…  la disparition du philosophe, hégéliens de gauche et de droite se disputeront les dépouilles d'un *système qui n'aura eu pour but – par-delà les formules sur « la fin de l'histoire » ou « la ruse de la Raison » – que de montrer à l'œuvre dans l'histoire la réalisation de la raison et de la liberté. « La seule idée qu'apporte la philosophie est la… Lire la suite
LIBERTÉ

Écrit par :  Paul RICŒUR

Dans le chapitre "Le deuxième discours : la liberté sensée"  : …  trait : action doublée, action normée, l'action libre fait encore paraître une dimension de la *raison que la tradition philosophique a appelée raison pratique ; entendons par là une raison qui a des effets dans le monde, une raison qui s'applique à produire une réalité selon la liberté ; or une liberté qui a traversé la problématique du… Lire la suite
LOCKE JOHN (1632-1704)

Écrit par :  Geneviève BRYKMAN

Dans le chapitre "Nécessité d'une genèse intégrale des idées"  : …  de vue « critique », qui demanderait qu'on expliquât à la fois la témérité et les échecs de la *raison à partir des conditions qui les rendent possibles. Locke, pour sa part, adopte d'emblée le point de vue d'une psychologie empirique et cherche l'explication des errements de l'intelligence dans une inadéquation fondamentale du langage et de la… Lire la suite
LUMIÈRES

Écrit par :  Jean Marie GOULEMOT

Dans le chapitre "L'ordre de la raison"  : …  sensualisme, nous sommes à même de comprendre la logique de nos comportements et de notre morale. *La raison est ce par quoi nous perçons les secrets de la nature. Comme pour Descartes, elle est « la chose du monde le mieux partagée ». C'est par elle que nous pouvons comprendre et expliquer. Aucun domaine ne lui est interdit : ni la politique, ni… Lire la suite
MALEBRANCHE NICOLAS (1638-1715)

Écrit par :  Ginette DREYFUS

Dans le chapitre "La philosophie de Malebranche"  : …   : « La foi passera, mais l'intelligence subsistera éternellement » (Traité de morale). *Que la raison de l'homme soit le Verbe de Dieu, c'est ce que Malebranche établit par une multitude d'arguments, qu'il ne cessera de diversifier. La Raison est universelle, puisque tous les hommes voient que 2 fois 2 font 4 et qu'il faut préférer son… Lire la suite
MARC AURÈLE (121-180)

Écrit par :  Pierre HADOT

Dans le chapitre "Les « Pensées »"  : …  d'abord de se remémorer le but fondamental de la vie, l'accord avec la nature, c'est-à-dire avec la *raison, sous ses trois modes : la raison intérieure au cosmos, la raison intérieure à la nature humaine, la raison intérieure à l'individu humain. À la suite d'Épictète, Marc Aurèle définit à plusieurs reprises (par ex. VII, 54) ces trois aspects de… Lire la suite
MÉTAPHYSIQUE

Écrit par :  Ferdinand ALQUIÉ

Dans le chapitre "La critique kantienne de la métaphysique"  : …  véritablement réduite. Elle persiste après sa réfutation. Elle n'en est pas moins une illusion. *Les pseudo-connaissances forgées par la raison humaine en ce qui concerne l'âme, le monde et Dieu constituent ce que Kant appelle l'apparence transcendantale. Cette apparence résulte de l'illégitime extension, hors de toute intuition, de nos concepts… Lire la suite
MORALE

Écrit par :  Éric WEIL

Dans le chapitre "Le principe d'universalité"  : …  le devoir d'universalité (il serait plus correct de parler d'« universabilité »). La liberté est *raison, ce qui vaut pour tous et pour chacun, et la raison est liberté : l'infini de la liberté rejoint celui de la raison et se confond avec lui. La règle est formelle, il ne saurait en être autrement : toute incitation à une action vient de la… Lire la suite
MOYEN ÂGE - Le monde médiéval

Écrit par :  Léopold GÉNICOT

Dans le chapitre "L'univers gothique"  : …  aussi et même davantage organiser leur savoir. Et ils se jugent capables de le faire grâce à la *raison. Ils sont si sûrs d'elle qu'ils l'opposent aux « autorités », aux affirmations des anciens. Ils en sont si férus qu'ils en multiplient les applications : au droit où la procédure substitue la démonstration au formalisme ; à la musique, très… Lire la suite
MOYEN ÂGE - La pensée médiévale

Écrit par :  Alain de LIBERA

Dans le chapitre "L'homme qui doute"  : …  Si l'histoire de la pensée médiévale appartient à l'histoire des états de la *raison, comment va-t-on qualifier la spécificité de la raison médiévale ? En montrant qu'elle est, en son fond, problématique. De fait, c'est une raison dubitative que l'on peut caractériser dans sa forme, l'art de raisonner en disputant (ratio per quaestionesLire la suite
MU'TAZILISME

Écrit par :  Roger ARNALDEZ

Dans le chapitre "Origines intellectuelles et spirituelles"  : …  n'hésitèrent pas à adopter des règles logiques de démonstration et, par suite, à accorder à la *raison humaine une valeur que l'islam dans son ensemble n'a jamais voulu lui reconnaître. Si la plupart des docteurs musulmans ont affirmé que l'islam est rationnel, c'est en ce sens qu'il ne propose aucun « mystère », à l'inverse du christianisme,… Lire la suite
MYTHE - L'interprétation philosophique

Écrit par :  Paul RICŒUR

Dans le chapitre "L'interprétation kantienne de la mythologie"  : …  n'est pas un simple positivisme. S'il y a une illusion transcendantale, c'est bien parce que la *raison ne se réduit pas à l'entendement et exige un inconditionné à la tête de la série entière des conditions ; cet inconditionné peut être « pensé », mais non « connu ». Cette différence entre penser et connaître, jointe… Lire la suite
NATUREL DROIT

Écrit par :  Marie-Odile MÉTRAL-STIKER

Dans le chapitre "La signification ontologique de la loi naturelle"  : …  selon son espèce : pour l'homme, c'est d'exercer sa raison (Éthique à Nicomaque, VII). *Le verbe « devoir » a ici une signification strictement métaphysique et ne prend son sens éthique qu'avec les êtres doués de raison et donc aussi de liberté, lorsque la nature franchit une ligne de crête où se dessine, sur fond de cosmos, un ordre… Lire la suite
NOUVELLE RHÉTORIQUE, droit

Écrit par :  Benoît FRYDMAN

Dans le chapitre "Restauration de la fonction rhétorique"  : …  d'après l'idéal des démonstrations mathématiques. Perelman reproche à Descartes d'avoir imposé une* conception trop étroite de la raison, réduisant celle-ci à la certitude et à l'évidence, en rejetant en dehors de la connaissance ce qui est douteux ou controversé. Les questions pratiques ne se démontrent certes pas comme des théorèmes, mais elles… Lire la suite
PERELMAN CHAÏM (1912-1984)

Écrit par :  Michel MEYER

…  est univoque, tout y est clair et sans appel. Cela ne se discute pas, sous peine de déraison. Une *raison exclusivement rationnelle est forcément métaphysique : elle croit au fondement évident, à la source unique qui fait jaillir la lumière, et non à l'accessibilité progressive aux vérités qui s'acquièrent entre hommes. Le Dieu de Platon, comme… Lire la suite
PHILOSOPHIE

Écrit par :  Jacques BILLARDJean LEFRANCJean-Jacques WUNENBURGER

Dans le chapitre "Rationalité critique"  : …  depuis l'origine jusqu'aux plus récents développements. N'est-ce pas de la découverte grecque de la *raison que sont issues d'abord la philosophie, puis les diverses sciences qui se sont détachées d'elle ? Le doute scientifique n'est-il pas l'héritier du doute philosophique, comme le disait Claude Bernard, mais avec la fécondité en plus ? Dernières… Lire la suite
PHILOSOPHIQUES SYSTÈMES

Écrit par :  Jacques MOUTAUX

…  irréductibles et même contradictoires dans leurs structures, leur teneur et leur sens. Œuvre de *raison, la philosophie est énigme ou scandale pour la raison, qui s'y oppose à elle-même. D'où l'idée de certains historiens de la philosophie, qui, pour respecter à la fois la rationalité et les conflits de la pensée philosophique, ont fondé les… Lire la suite
PIC DE LA MIRANDOLE (1463-1494)

Écrit par :  Jean-Claude MARGOLIN

Dans le chapitre "Philosophie naturelle et critique de l'astrologie"  : …   ». La nature, d'autre part, doit être interprétée comme le premier moment de l'esprit. Elle est *raison, non pas encore la raison claire et consciente d'elle-même, mais la raison obscure et cachée, ratio mersa et confusa, selon ses propres expressions. On est encore ici près de Leibniz et de sa conception de la mens momentanea.Lire la suite
PLATON (~428 env.-env. ~347)

Écrit par :  Monique DIXSAUT

Dans le chapitre "La question du savoir"  : …  pouvoir rendre raison. Aura alors un savoir celui qui possédera une opinion vraie accompagnée de sa *raison (logos). S'il faut la lui ajouter, c'est que l'opinion en était dépourvue. On ne la justifiera pas du simple fait de l'exprimer oralement (seuls les rhéteurs le prétendent). Si l'on entend par raison l'énumération des éléments… Lire la suite
PUTNAM HILARY (1926- )

Écrit par :  Christiane CHAUVIRÉ

…  : le relativisme culturel, cette fois, se montre tout aussi scientiste par anthropologisme. *Dans Raison, vérité et histoire (1981) notamment, Putnam se refuse à concevoir la raison selon le paradigme de l'algorithme, tout en restant un rationaliste foncier : la raison conserve chez lui un rôle d'instance critique, capable de se… Lire la suite
RATIONALISME

Écrit par :  Gilles Gaston GRANGER

…  niveaux, plus encore aujourd'hui qu'à d'autres époques, un thème déterminant de la culture. *Le motif dominant du rationalisme est évidemment l'hypothèse que la réalité peut être atteinte en quelque façon – et les actions humaines évaluées sinon gouvernées – par l'usage de la raison. Mais que faut-il entendre par la « raison » ? À travers la… Lire la suite
RELATIVISME

Écrit par :  Hervé BARREAUTobie NATHAN

Dans le chapitre "Le relativisme moderne"  : …  Essais (1580-1588), c'est, au plus haut degré, l'exercice de la raison dans son autonomie. *La raison s'y libère sans cesse de toute « vérité » qu'elle n'aurait pas elle-même constituée comme telle – de toute vérité « toute faite », donnée d'avance, ou léguée » (Dictionnaire des philosophes). L'exercice de cette raison autonome… Lire la suite
SAGESSE

Écrit par :  Manuel de DIÉGUEZ

Dans le chapitre "Sagesse et philosophie de la personne"  : …  autrement. En tant que maître de sagesse, Socrate est visionnaire de cette méconnaissance-là. *Son enseignement est celui du premier psychanalyste de l'entendement, donc des jugements de la raison ordinaire, celle qui croit nécessairement connaître et comprendre. Sa maïeutique démasque une déraison universelle et cachée, celle que la « sagesse… Lire la suite
SCHOPENHAUER ARTHUR (1788-1860)

Écrit par :  Jean LEFRANC

Dans le chapitre "La métaphysique de la volonté"  : …  l'État qui les emploie. Dans sa thèse, sous l'appellation apparemment leibnizienne de principe de *raison suffisante, il avait rassemblé les a priori kantiens : l'espace et le temps (formes de la sensibilité), la causalité (devenue seule forme de l'entendement), les formes logiques du raisonnement, enfin la motivation (causalité de la volonté).… Lire la suite
SCIENCES - Science et philosophie

Écrit par :  Alain BOUTOT

Dans le chapitre "La naissance conjointe de la science et de la philosophie"  : …  en vue de la seule connaissance et non pour une fin utilitaire. » En s'appuyant uniquement sur la *raison, ces premiers penseurs étaient parvenus à dégager un petit nombre de principes grâce auxquels ils pensaient pouvoir rendre compte de la variété des phénomènes. Cette exigence de rationalité, tout à fait inédite, a marqué la naissance conjointe… Lire la suite
SPINOZA BARUCH (1632-1677)

Écrit par :  Robert MISRAHI

…  radicalement neufs, et s'appuieraient précisément sur un entendement purifié, c'est-à-dire sur une *raison critiquée et épurée de ses fantasmes imaginaires. La raison et la connaissance rationnelle (qui constitueront le système du monde) sont donc le moyen de ce but ultime qui est la joie souveraine et permanente que L'Éthique appelle… Lire la suite
STRUCTURALISME

Écrit par :  Jean-Louis CHISSMichel IZARDChristian PUECH

Dans le chapitre "Un rationalisme élargi"  : …  diffusée que tardivement, au début des années 1980, et précisément en réaction au structuralisme. *C'est plutôt dans le cadre d'un rationalisme élargi, c'est-à-dire désacralisé et historicisé, tendu vers ce qui est inassimilable par les conceptions antérieures de la raison – celles de Descartes, de Kant, de Hegel pour l'essentiel – que le… Lire la suite
THÉOLOGIE

Écrit par :  Henry DUMÉRYClaude GEFFRÉJacques POULAIN

…  de l'Occident chrétien, celle d'une culture qui s'est donné deux pôles antithétiques, la foi, la *raison, et qui ne les a conciliés provisoirement que pour les opposer ensuite d'autant plus violemment.  La conciliation produisait deux sortes de rationalité : une rationalité de la foi, un rationnel théologique ; une rationalité de la raison… Lire la suite
THOMAS D'AQUIN saint (1224 ou 1225-1274)

Écrit par :  Marie-Dominique CHENU

Dans le chapitre "La raison théologique"  : …  la théologie de saint Thomas s'articule, se construit, sous la lumière d'une confiance active en la *raison et d'une référence constante à la nature. On aura reconnu là l'imprégnation de la culture grecque, dont on a mentionné la découverte : logos et phusis, double dimension de la foi du chrétien, qui incarne ainsi la Parole de… Lire la suite
TOTALITÉ

Écrit par :  Emmanuel LÉVINAS

…  loin d'être des opérations indépendantes, se présupposeraient réciproquement, à tout moment. *Le rôle joué par la totalité dans l'herméneutique indiquerait donc que raison et totalité sont certes inséparables, mais que la totalité exige de la raison plus qu'un esprit de continuité. L'identification du tout avec le rationnel et l'être n'est… Lire la suite
VALEURS, philosophie

Écrit par :  Pierre LIVET

Dans le chapitre "Le processus de révision"  : …  *Le problème est alors que la notion de « raison » donne lieu à un dilemme : – Une raison doit nous permettre de changer nos positions, qui dépendent de notre façon de définir ce qui est important et ce qui ne l'est pas (ceci dans le domaine de la connaissance comme dans celui de l'action). Mais c'est seulement en tant que première personne que je… Lire la suite
ZWINGLI HULDRYCH (1484-1531)

Écrit par :  Jacques Vincent POLLET

Dans le chapitre "La pensée religieuse de Zwingli"  : …  un ensemble parfaitement cohérent. Ce qui frappe surtout en lui, c'est la place qu'il fait à la *raison (éclairée par la foi) s'efforçant de comprendre Dieu et de pénétrer ses desseins à l'égard de l'humanité (HeilsgeschichteChristologie). Par là, Zwingli est le premier dans le protestantisme à avoir cherché à construire une… Lire la suite

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