Le Ragnarök ou Destin-des-Puissances (et non comme on le dit souvent, en lisant « Ragnarøkr » : Crépuscule-des-Puissances) désigne l'ensemble de représentations apocalyptiques qui correspondaient, pour les anciens Germano-Nordiques, à la fin du monde.
Quelles qu'en soient les causes (un parjure des dieux, sans doute, et la mort inexpiable de Baldr, le dieu bon), le Ragnarök accumule en une série de visions fulgurantes et inoubliables tous les thèmes qui traduisent, dans ce complexe mental, l'idée de catastrophe irrémédiable, ce que les fresques dantesques de la Völuspá (dans l'Edda poétique) sont parvenues à dépeindre avec une force inégalable. Les coqs fatidiques inaugurent avec leur chant toute une série de cataclysmes qu'ouvre le fimbulvetr, l'hiver formidable qui durera trois ans. Puis c'est le déferlement titanesque : le Soleil et la Lune sont engloutis par des loups monstrueux ; le grand frêne Yggdrasill, ébranlé jusque dans ses fondements, tremble et va s'abattre ; la terre s'ouvre ; les monstres se libèrent. Le grand serpent de Miđgarđr en particulier se dénoue et provoque une inondation générale ; Naglfar, le vaisseau fait avec les ongle […]
