3. Épidémiologie
Historiquement, la rage fut d'abord une maladie des animaux sauvages, surtout du loup et des carnassiers voisins. Dès que les hommes se groupèrent en collectivités urbaines entraînant avec eux leurs animaux commensaux, elle devint également citadine, et ceci dès la plus haute Antiquité. Ces deux types épidémiologiques de rage existent encore actuellement.
La rage citadine dite rage des rues est transmise à l'homme essentiellement par les chiens et les chats, dont la densité de population règle l'importance et l'évolution de l'enzootie et l'apparition éventuelle de poussées épizootiques.
Les conditions sociales et économiques, les mœurs et les coutumes, les religions propres à chaque pays influent sur le comportement des populations humaines vis-à-vis de ces animaux commensaux et par conséquent sur le développement, le maintien ou le déclin de l'enzootie canine, où la biologie du vecteur canin intervient aussi (on constate une recrudescence passagère après la période du rut).
L'application stricte et suivie des mesures de police sanitaire vétérinaire peut aboutir au contrôle voire à l'éradication de cette rage des rues.
Les herbivores domestiques, qu'ils soient contaminés par un chien enragé ou par un animal sauvage (cf. infra), ne sont pas à l'origine de la transmission à d'autres animaux et ne contaminent que rarement l'homme.
La rage sauvage se présente sous des aspects très différents. Chaque région géographique a son vecteur préférentiel : loup au Moyen-Orient, chacal en Afrique, mangouste en Afrique du Sud, renard, mouffette et raton laveur en Amérique du Nord. En Europe, la rage sauvage est transmise essentiellement par le renard. Partie des frontières de l'Europe de l'Est en 1939-1940, elle a atteint de proche en proche tous les pays européens, (dont la France en 1968) à l'exception des îles Britanniques.
Cette rage du renard présente deux poussées annuelles : au printemps, après la période du rut et à l'automne, après le départ des renardeaux des terriers. Le renard enra […]
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