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KUBELIK RAFAEL (1914-1996)

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2.  Le langage du cœur

Avec Karel Ančerl, Rafael Kubelík apparaît comme le plus grand chef d'orchestre tchèque de sa génération. L'exil ne lui a pas fait perdre la spécificité tchèque de son approche de la musique, mais celle-ci s'est enrichie au contact d'autres traditions d'interprétation. Sous sa direction, les orchestres allemands gagnaient en transparence, avec des attaques plus franches, un sens accru du rubato et du lyrisme, sans perdre de leur densité sonore. L'un des témoignages discographiques les plus intéressants à cet égard est l'intégrale des neuf symphonies de Beethoven que Kubelík enregistra au cours des années 1970 avec les principaux orchestres du monde (Londres, Amsterdam, Berlin, Israël, Boston, Paris, Vienne, Cleveland, Munich). Il savait préserver l'identité de ces formations en leur apportant son style personnel, des interprétations « marquées par une musicalité de jadis, libérée de tout sybaritisme » (Nicolas Slonimsky). Il est vrai que la rigueur exigeante qui avait été l'une des causes de son départ de Chicago avait cédé la place à une direction où l'émotion, la spontanéité et le langage du cœur occupaient une place essentielle, même si on l'a parfois accusé de privilégier l'expression aux dépens du rythme. Il a beaucoup servi la musique de son temps et a créé, en dehors des œuvres mentionnées ci-dessus, les Fresques de Piero della Francesca (1956) de Martinů (dont il est le dédicataire) ainsi que des œuvres de Frank Martin (6 Monologe aus Jedermann, 1949), d'Alexandre Tcherepnine (Deuxième Symphonie, 1951), de Karl Amadeus Hartmann (Huitième Symphonie, 1963).

Rafael Kubelík a composé trois requiem, un Stabat mater, cinq opéras (notamment Veronika, Brno, 1947, et Cornelia Faroli, Augsbourg, 1966), plusieurs symphonies, six quatuors à cordes, des mélodies, des sonates pour piano...

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PHILHARMONIE TCHÈQUE ORCHESTRE DE LA

Écrit par :  Alain PÂRIS

de Dvořák (1937). En 1941, lorsque Talich prend la direction du Théâtre national de Prague, *Rafael Kubelík est nommé premier chef de la Philharmonie tchèque, qu'il parvient à sauver pendant la période critique de la guerre. En 1945, l'étatisation de l'orchestre garantit sa survie matérielle. Kubelík engage beaucoup de jeunes musiciens et… Lire la suite

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