Quelques semaines après la découverte en 1895 des rayons X par Röntgen, on signalait les premiers accidents dont ils étaient responsables. Becquerel constatait sur lui-même que les rayons du radium produisent des brûlures sur la peau (radiodermite). Depuis, l'utilisation des rayonnements ionisants s'est considérablement développée parallèlement, d'une part, à la connaissance du danger qu'ils représentent, d'autre part, à l'étude des modalités de leur action (radiobiologie), de leurs méfaits (radiopathologie) et des moyens de s'en prémunir et d'y remédier (radioprotection). Ainsi, la radioprotection est la discipline qui coordonne les recherches, les travaux et les techniques concernant les moyens de prévenir et de réparer les effets néfastes des rayonnements ionisants. Les connaissances ont pour origine : l'expérimentation animale en laboratoire et au cours des essais militaires ; l'étude complète des survivants des explosions de Hiroshima et de Nagasaki ; les observations des personnes irradiées à titre thérapeutique et des victimes des « accidents nucléaires » (retombées d'essais militaires, accidents d'industrie ou de laboratoire). Sur le plan professionnel, le nombre d'accidents et de maladies dus aux radiations est faible, comparé aux chiffres des autres secteurs d'activité. On abordera dans cette étude les aspects techniques, physiques, médicaux et médico-légaux de la radioprotection.
1. Rayons ionisants et matière vivante
Lors de son parcours dans la matière, le rayonnement (ou la particule ionisante) épuise, partiellement ou totalement, l'énergie cinétique dont il est vecteur. La « densité linéaire de perte d'énergie » est le transfert linéaire d'énergie (TLE). Les rayonnements à parcours limité (α, β) perdent toute leur énergie en traversant la matière et peuvent donc être éventuellement arrêtés ; en revanche, les rayonnements à parcours non limité (X, γ, neutrons) ne subissent qu'une atténuation progressive.
Les grandeurs et les unités utilisées en radioprotection ont été groupées dans le tableau.
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