6. Applications de l'ionisation des gaz
Les rayonnements nucléaires ionisent les gaz (cf. conduction de l'électricité, chap. 3), mais avec une densité linéique très différente suivant leur nature et leur énergie. L'énergie moyenne nécessaire pour créer une paire d'ions (p. i.) dans un gaz varie avec la nature de celui-ci : dans l'air, elle est de l'ordre de 33 eV ; ainsi, un α de 5 MeV libérera dans l'air 5 × 106/33 = 150 000 p. i. environ sur une longueur de 3,5 cm, soit une moyenne de l'ordre de 40 000 p. i./cm ; un β de 1 MeV, 106/33 = 30 000 p. i. environ sur une longueur de 3,8 m, soit une moyenne de l'ordre de 100 p. i./cm. Les rayons X ou γ, n'étant pas ionisants directement, mais par l'intermédiaire des électrons photoélectriques et Compton auxquels ils cèdent leur énergie, et ayant dans l'air un libre parcours allant du mètre à la centaine de mètres, produiront dans un grand volume une ionisation très dispersée (1 à 2 p. i./cm par photon en moyenne). Aussitôt formés, les ions de signes opposés ont tendance à se recombiner s'ils ne sont pas séparés par un champ électrique suffisant ; en l'absence d'un tel champ collecteur, la fraction ΔD/D qui se recombine en un temps dt est donnée par ΔD/D = − αD dt, D étant la densité en ions d'un signe par centimètre cube et α le coefficient de recombinaison pour un mélange bipolaire (dans l'air normal, α = 1,6 × 10−6 cm3 . s−1).
• Élimination de l'électricité statique
L'électricité statique qui prend naissance lors de la manipulation de substances isolantes (papiers, plastiques, textiles artificiels, substances explosives, liquides inflammables) est à l'origine de différents ennuis, dus soit aux forces coulombiennes (attraction de poussières, collages ou répulsions, bourrages de machines), soit aux étincelles (incendies, explosions, chocs électriques sur les personnes). Un moyen de faire disparaître ces e […]
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