Un des personnages les plus difficiles et les plus complexes du panthéon romain, et qui fut encore compliqué par les exégètes modernes.
À l'époque archaïque, il formait avec Jupiter et Mars une triade cohérente et articulée. La preuve en est fournie, d'une part, par l'existence d'un flamine majeur attaché à sa personne (le troisième dans l'ordre de préséance), d'autre part, par la formule de la « dévotion » où cette triade est énoncée dans l'ordre même où sont rangés les flamines majeurs. Son nom (dont la formation rappelle celle de dominus ou tribunus) renvoie à une racine qui devait désigner la totalité d'une collectivité humaine ; on pourrait le traduire par « le maître de la totalité des hommes ». Son flamine intervenait dans trois fêtes d'une grande importance pour la croissance, la conservation et la consommation des céréales : le 25 avril, où l'on s'efforçait de protéger les blés des attaques de la rouille ; le 21 août et le 15 décembre, où l'on honorait le dieu protecteur de l'engrangement en étroite liaison avec la déesse de la fécondité Ops ; le 17 février, clôture des fêtes consacrées à la torréfaction des grains pour les rendre consommables.</ […]
