Concile convoqué et présidé par Innocent III qui en promulgua les canons (l'ensemble de ceux-ci forme en quelque sorte la conclusion et la synthèse de son pontificat). Le concile réunit en novembre 1215 environ mille deux cents prélats, ce qui fait de lui la plus importante réunion conciliaire du Moyen Âge. En matière de foi, une constitution définit les principaux dogmes ; d'autres textes condamnèrent les thèses de Joachim de Flore, établirent un ensemble de sanctions très détaillées contre les hérétiques vaudois et cathares (en liaison avec les suites de la croisade contre les albigeois), dénoncèrent l'aveuglement de l'Église grecque et insistèrent sur la pratique des sacrements (pénitence, communion pascale, onction des malades, mariage). Dans le domaine de la discipline ecclésiastique, la législation arrêtée par le concile concernait les patriarches, les synodes provinciaux, la provision aux bénéfices, les élections, l'institution canonique, les dîmes. L'assemblée décréta des mesures contre les clercs incontinents, ivrognes, cupides et contre la profanation des églises. Le concile fixa avec netteté les règles de procédure pour la justice ecclésiastique. Il interdit la fondation de nouveaux ordres religieux, publiant à ce sujet, sur l'avis du pape, un canon qui ne devait guère être observé. Il condamna enfin les Juifs et les usuriers et, dans sa dernière constitution, prit des dispositions en vue d'une nouvelle croisade, qui allait être la cinquième.
Marcel PACAUT
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