5. L'évolution cosmique des quasars
Lorsqu'on eut constaté que les quasars non radioémissifs sont beaucoup plus nombreux que ceux qui sont associés à une radiosource intense, et réalisé qu'il était relativement aisé de les découvrir, on entreprit de faire des recherches systématiques de ces objets dans des aires limitées du ciel en s'efforçant d'atteindre des magnitudes de plus en plus élevées, c'est-à-dire des objets d'éclat apparent de plus en plus faible. On a pu ainsi estimer la variation du nombre de quasars qui existent dans chaque degré carré du ciel, en fonction de leur magnitude.
Ce nombre croît évidemment avec la magnitude : sur chaque cliché, le nombre de quasars faibles est supérieur au nombre de quasars brillants. Mais, là encore, une surprise attendait les observateurs : le nombre des quasars croît plus vite avec la magnitude qu'il ne le ferait si l'Univers était uniformément peuplé ; en d'autres termes, la luminosité ou, cela revient au même, le nombre des quasars augmente avec la distance ou, ce qui est encore équivalent, lorsqu'on remonte dans le temps, puisque la lumière qu'on reçoit de ces objets met d'autant plus de temps à nous parvenir que leur distance est plus élevée. En mesurant le décalage spectral vers le rouge, c'est-à-dire la distance, de tous les quasars observés sur un cliché couvrant une petite portion du ciel, on est en mesure de calculer l'ampleur de cet effet d'évolution ; on a pu montrer que le nombre de quasars par unité de volume était 100 000 fois plus élevé il y a 14 milliards d'années (soit 6 milliards d'années après le début de l'expansion, dans le cas d'un Univers âgé de 20 milliards d'années) qu'il ne l'est maintenant, tel que nous l'observons dans notre voisinage ; cela bien sûr ne concerne que les quasars les plus lumineux ; les autres sont trop faibles pour être détectés aux distances très grandes qui sont ici en cause.
Cependant, l'étude de l'évolution cosmique des quasars est compliquée par les effets amplificateurs des len […]
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