Désignant un mouvement philosophique et littéraire de la Chine du iiie et du ive siècle, le terme qingtan veut dire « causeries pures » et caractérise « un certain type de discussions rhétoriques sur des sujets philosophiques et autres, très en vogue parmi les hautes classes cultivées, depuis le iiie siècle » (Zürcher). Ces discussions, qui devaient porter sur des sujets élevés et spirituels, sur les « noms et les principes » (mingli), avaient leur origine dans la sophistique et étaient courantes à la fin de l'empire des Han. Pour exprimer l'unité du principe fondamental d'une chose et des noms éphémères servant à l'exprimer, les beaux esprits de l'époque s'adonnaient à des « caractérisations » (mu) de personnes et de choses.
À l'origine, cette forme de discours avait surtout servi à des buts politiques : par des métaphores bien choisies, on pouvait exalter ou dénigrer les qualités et le caractère d'un personnage. Mais, bientôt, ce genre de propos prit une tournure plus philosophique et théorique. Surtout sous l'influence du Xuanxue, les grands, comme pour défier les temps troublés, s'ad […]
