3. Puritanisme et capitalisme
Dans son célèbre ouvrage L'Éthique protestante et l'esprit du capitalisme, M. Weber analyse l'influence du protestantisme – et spécialement du puritanisme – sur le développement de l'esprit capitaliste. Selon lui, la doctrine calviniste de la prédestination créant une certaine angoisse, l'activité et le succès professionnels sont interprétés par le fidèle comme des signes de l'élection divine. Contrairement à ce qu'ont cru les historiens, les puritains condamnaient seulement la jouissance de la richesse, le repos dans la possession, non la recherche de biens terrestres par le travail ni la possession elle-même. Ainsi la dénonciation ascétique des dangers de la richesse aboutissait à une obligation religieuse de l'enrichissement.
Pour R. H. Tawney, les grandes découvertes et leurs conséquences économiques furent les causes essentielles du développement capitaliste. La Réforme, notamment sous sa forme puritaine, s'effectua dans le cadre de la montée des classes moyennes, de la mentalité marchande. Façonné par les structures économico-sociales, le puritanisme contribua cependant à renforcer celles-ci en les justifiant au nom de Dieu. L'esprit capitaliste « trouva dans certains aspects du puritanisme un élément qui vivifia son énergie et fortifia son tempérament ». Perry Miller, bien qu'agnostique, insiste sur l'importance de la théologie de la grâce, condition du dynamisme socio-économique des puritains. Au contraire, Larzer Ziff estime qu'en tant que classe ascendante industrieuse les puritains ont exprimé leurs aspirations égalitaires dans cette théologie. D'autres auteurs, par contre, ne pensent pas que le puritanisme ait présenté une aussi grande originalité. Selon W. Sombart, ce mouvement a eu une influence positive sur l'essor du capitalisme dans la mesure où il a repris des idées qui se trouvent exprimées avec « plus de force dans la religion juive qui, naturellement, en a aussi la priorité ». K. Samuelsson va plus loin et rejette l'idée que l' […]
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