2. Le puritanisme américain
On peut distinguer deux vagues dans l'émigration puritaine durant la première moitié du xviie siècle.
La première est celle des célèbres « Pères Pèlerins » (Pilgrim Fathers), puritains séparatistes des comtés du nord de l'Angleterre. Après un exil de douze ans à Leyde, ils craignirent que leur postérité ne devînt hollandaise et ne fût corrompue par un milieu qu'ils estimaient moralement peu élevé et parfois enclin à l'hérésie. Leur émigration sur le Mayflower fut en partie financée par des marchands de Londres. Débarquant en novembre 1620 sur la côte du cap Cod, ils fondèrent New Plymouth, et subirent les épidémies et la famine ; l'hospitalité des Indiens, qui leur apprirent à cultiver le maïs et à utiliser le poisson comme engrais, permit à quelques dizaines d'entre eux de subsister. Une seconde vague d'émigration, numériquement plus importante, commença en 1630, un an après la dissolution du Parlement par Charles Ier. Ces nouveaux puritains, qui étaient des non-conformistes de condition sociale plus aisée que les Pères Pèlerins, apportèrent avec eux des capitaux qui leur permirent de remédier aux insuffisances du sol. Ils s'établirent dans la baie du Massachusetts.
Les puritains de la Nouvelle-Angleterre se considéraient comme le peuple élu de Dieu, reprenant pour leur bénéfice exclusif la tradition chrétienne selon laquelle l'Église serait le « Nouvel Israël », la continuatrice du peuple hébreu de l'Ancien Testament. Pour eux, l'Amérique était la « Nouvelle Jérusalem », le refuge choisi par Dieu pour ceux qu'il voulait préserver de la corruption ou de la destruction générale, tandis que les Indiens représentaient les restes d'une « race maudite » que le « Démon » avait conduite lui-même dans ce continent afin de la gouverner tranquillement. Ces idées permirent parfois de justifier théologiquement les spoliations que les colons firent subir aux indigènes.
Bien qu'ils eussent déclaré, dans leur grande majorité, être des membres fidèles de l'Égl […]
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