Le purisme est la réaction conservatrice du grammairien en face de la création linguistique du rhéteur ou du poète qui tend à bouleverser l'ordre du langage. Ainsi exclut-il tout archaïsme ou néologisme, tout écart par rapport au vocabulaire « convenable » dont usent les « honnêtes gens », toute innovation syntaxique et partant, toute forme originale qu'entraîne la nécessité d'exprimer une idée nouvelle. (En Grèce, le purisme transmis par Byzance s'oppose au démotisme ou vulgarisme, il ne concerne que la langue écrite et vise à maintenir la tradition.) L'âge d'or du purisme en France coïncide, au xviie siècle, avec l'apogée d'une société aristocratique raffinée à l'extrême. La politesse, la bienséance y sont les valeurs les plus sûres. Elles président à l'élaboration d'une esthétique normative et à la réglementation non moins normative de la grammaire. (Vaugelas critiquait par exemple l'usage de l'expression à présent comme « façon de parler /qui/ n'est pas de la Cour ».) Cependant, ce n'est pas la cour mais les salons littéraires et l'Académie qui décident, en despotes éclairés, du sort de la langue. Exerçant sur elle une activité moralisat […]
