4. Fonctionnement et destin des pulsions
Les pulsions se diversifient soit par leur source, soit par leur but. Ainsi peut-on individualiser des pulsions orales, anales, urétrales, phalliques, mais aussi des pulsions en rapport avec des activités telles que voir, maîtriser, dominer, détruire. Cependant, même en ces derniers cas, il est possible d'assigner une source à ces activités : l'œil, la musculature. Ce qu'il importe surtout de souligner, c'est le fonctionnement « individualiste », anarchique des pulsions partielles, qui, au départ, ne visent rien d'autre que le plaisir d'organe. Par là, les pulsions méritent la dénomination de pulsions partielles. Elles sont donc partielles à la fois parce qu'elles sont reliées à des zones corporelles séparées et parce que leur fonctionnement vise à une satisfaction isolée. Le développement libidinal fait passer cette organisation initiale autonome à des formes de plus en plus organisées, où les pulsions partielles prennent place pour se subordonner en fin de compte, à la puberté, au primat de la génitalité. Dans la sexualité adulte normale, les pulsions partielles restent actives au niveau du plaisir préliminaire.
Cependant, il serait faux de croire que chaque étape évolutive (orale, anale, phallique) voit disparaître les éléments de la phase précédente. Ceux-ci marquent de leurs traces les moments ultérieurs. Cela est particulièrement observable lorsque l'attachement du sujet à certains modes de satisfaction ou à certains objets témoigne d'une fixation, c'est-à-dire lorsque le conflit portant sur les points les plus faibles de l'organisation libidinale conduit le sujet à se replier sur les étapes antérieures, à régresser jusqu'à se fixer à l'une d'elles.
Dans la représentation du fonctionnement pulsionnel, il faut rendre compte de la manière dont les objets et les buts se remplacent les uns par les autres dans le destin des pulsions. Les modes les plus primitifs de ce fonctionnement comprennent le retournement de la pulsion en son contraire (retournement […]
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