On définit habituellement la psychothérapie comme un traitement opérant par des procédés psychologiques. Ces procédés s'opposent aux actions physicochimiques des autres thérapeutiques, l'environnement agissant alors sur l'organisme par des signaux et non par une influence matérielle. Mais on ne peut considérer comme technique psychothérapique toute information provenant du milieu, ce qui engloberait les diverses formes d'apprentissage et de conditionnement. On réservera donc le terme de psychothérapie aux effets de la relation qui s'établit entre le patient et le thérapeute.
La psychothérapie se caractérise, dit-on, par sa technique et non par son objet. Elle n'est pas réservée, en effet, au traitement des maladies mentales, puisqu'elle s'applique à certains troubles corporels (troubles fonctionnels sans support organique, affections psychosomatiques) et à certaines difficultés d'adaptation (familiale, scolaire ou conjugale, par exemple) qui n'ont pas un statut psychopathologique bien défini. Inversement, toutes les maladies mentales n'y sont pas accessibles. En réalité, les états, si divers en apparence, qui tirent bénéfice de la psychothérapie présentent des traits communs. Ils sont partiellement ou totalement déterminés par le retentissement émotionnel et par des attitudes en rapport avec des conflits psychiques permanents ou transitoires qui s'expriment dans la vie intérieure du sujet ou dans ses relations avec l'entourage. La notion de conflit paraît, dans l'état actuel des connaissances et de la pratique, définir assez bien l'objet de la psychothérapie, du moins si l'on prend soin de distinguer les conflits que le sujet ne peut ni résoudre ni même reconnaître des choix que chacun doit opérer à tout moment de l'existence. Les conflits pathologiques correspondent, semble-t-il, à des « perturbations de la communication de la personnalité avec les autres et avec elle-même » (D. Lagache). La psychothérapie peut ainsi être différenciée des multiples interventions (informations, éducation, conseils) d […]
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