Accueil - Boutique - Contact - Assistance
Zone de recherche

Altas Auteurs Recherche thématique Dictionnaire
 

MANIACO-DÉPRESSIVE PSYCHOSE

Page précédente Page suivante

3.  Psychopathologie : les perspectives phénoménologique et psychanalytique

Plusieurs approches théoriques ont tenté de rendre compte des caractéristiques du fonctionnement psychique du sujet maniaco-dépressif pendant la crise ou lors des phases intercritiques.

Pour L. Binswanger et pour les tenants de l'approche phénoménologique, la « manière d'être au monde » du maniaque est qualitativement modifiée. La fuite des idées traduit le glissement incoercible et continuel des séquences temporelles successives (que la conscience normale peut maîtriser après s'être abandonnée un instant à l'imagination). Toutes difficultés abolies, c'est l'euphorie de la toute-puissance dans un monde sans limite où tout est jeu et festivité. Mais cette griserie est aussi le témoignage et l'expression d'une tendance dépressive, d'un « refus » de l'existence, que traduit en toute clarté l'accès mélancolique. Si le maniaque est incapable de faire « du temps du maintenant un présent », le mélancolique est dépassé par l'écoulement d'un temps insaisissable et rejeté dans le passé (E. Minkowski). Dans les deux cas, la conscience fait l'objet d'une « destructuration temporelle-éthique », d'une désorganisation de la problématique de l'action « privant le sujet d'existence ».

Depuis le début du xxe siècle, de nombreux auteurs, dont Karl Abraham (1911-1924), S. Freud (1914), Melanie Klein (1934-1940) ont envisagé la psychose maniaco-dépressive à la lumière de la théorie psychanalytique. Nombreux et variés, leurs travaux ne peuvent que pâtir d'une tentative de synthèse réductrice qui oblige à revenir aux textes originaux.

Distinct de l'angoisse, le sentiment dépressif est, selon cette perspective, un affect universel, qui découle habituellement d'un vécu de perte d'amour de l'autre (à l'occasion d'une séparation, d'un deuil) et d'une perte d'estime de soi. La vulnérabilité à la perte d'amour, variable selon les sujets, est liée aux avatars de la première relation objectale : fondamentalement ambivalent, le pe […]

… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 6 pages… Offre essai 7 jours

Thématique

Classification thématique de cet article :

Retour en haut

Autres références

« MANIACO-DÉPRESSIVE PSYCHOSE » est également traité dans :

CYCLOTHYMIE

Écrit par :  Georges TORRIS

… *Alternance de dépression et d'euphorie. Le terme de cyclothymie a été créé, en 1882, par Karl Ludwig Kahlbaum (1828-1899), à une époque où la psychose maniaco-dépressive s'appelait encore folie « circulaire » (en grec, kuklios). Emil Kraepelin (1856-1926) l'utilisa un moment pour nommer cette maladie, mais il vaut mieux le réserver à la… Lire la suite
DÉPRESSIFS ÉTATS ou DÉPRESSIONS NERVEUSES

Écrit par :  Jean GUYOTAT

Dans le chapitre "La dépression mélancolique"  : …  taux de l'urée sanguine qui aboutissent à la mort si le traitement n'est pas entrepris à temps. La* dépression mélancolique se déroule à l'intérieur d'un tableau qui évoque la psychose maniaco-dépressive décrite par E. Kraepelin. Il s'agit là d'une affection au cours de laquelle alternent périodiquement soit des accès de type mélancolique souvent… Lire la suite
KRAEPELIN EMIL (1856-1926)

Écrit par :  Jacques POSTEL

… *Psychiatre allemand né à Neustrelitz (Mecklembourg), Kraepelin fut élève de Wundt et de Gudden. Professeur de psychiatrie à Dorpat en 1886, puis à Heidelberg en 1890, et enfin en 1903 à Munich, il dirigea pratiquement jusqu'à sa mort la Königlische Psychiatrische Klinik. Dans son enseignement et par les neuf éditions successives de son TraitéLire la suite
MANIE

Écrit par :  Georges TORRIS

… *Du mot grec mania, qui signifie « folie furieuse », l'ancienne médecine avait fait le nom technique de la folie en général (les modernes en ont tiré les composés mégalomanie, érotomanie, kleptomanie, etc.). Dans la langue commune, la notion s'atténua considérablement et en vint à désigner de petits travers, des habitudes bizarres, de… Lire la suite
MÉLANCOLIE

Écrit par :  Marie-Claude LAMBOTTE

Dans le chapitre "La persistance de la théorie des révulsions"  : …  qu'il désigne et que la science moderne a réduites le plus souvent à la forme unique de la psychose *maniaco-dépressive. C'est en effet à E. Kraepelin que l'on doit la description complète de cette évolution mentale caractéristique, déjà qualifiée par J.-P. Falret en 1854 de « folie circulaire » et par J. G. F. Baillarger de « folie à double forme… Lire la suite
PSYCHIATRIE COMPARÉE

Écrit par :  Edmond ORTIGUES

Dans le chapitre "Comparaisons nosographiques"  : …  entre dépression et mélancolie. Autre exemple de la variabilité des opinions : les rythmes *maniaco-dépressifs peuvent être irréguliers, difficiles à apprécier, et J. C. Carothers, qui en 1948 signalait leur absence au Kenya, est revenu sur ce jugement en 1951 en admettant l'existence de formes atypiques. On se limitera ici à envisager la… Lire la suite
PSYCHOSE

Écrit par :  Pierre FÉDIDAPierre JUILLETHélène STORK

Dans le chapitre "L'approche clinique des états psychotiques : limites et intérêt"  : …  ont transformé la symptomatologie psychotique. A fortiori, une psychose telle que la maladie *maniaco-dépressive évolue selon le type périodique de phases séparées par des intervalles apparemment libres. Mais, dans l'autre sens, des troubles psychotiques parfois prolongés ne peuvent-ils pas émailler certaines évolutions névrotiques,… Lire la suite

Afficher la liste complète (7 références)

Retour en haut

Accueil - Contact - À propos
Consulter les articles d'Encyclopædia Universalis : 0-9 A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z
Consulter les articles d'Encyclopædia Britannica.
© 2012, Encyclopædia Universalis France S.A. Tous droits de propriété industrielle et intellectuelle réservés.

chargement du média