2. Les aspects cliniques
Immuables autrefois et faisant l'objet de descriptions stéréotypées, les aspects cliniques de la psychose maniaco-dépressive ont subi, depuis l'avènement des médications psychotropes, de profondes transformations, encore accusées par l'amélioration des attitudes thérapeutiques concomitantes.
Sans nul doute – plus que son contraire, l'accès mélancolique –, l'accès maniaque a opéré, depuis la fin des années cinquante, une véritable mutation symptomatique. Le traitement préventif (lithium) et les neuroleptiques ont modifié le cours actuel de la maladie, raréfiant les accès et atténuant leur fécondité expressive. Le patient, riche d'une expérience antérieure et de l'information reçue (souvent partagée avec l'entourage familial) sait reconnaître à travers un « signal symptôme » – le plus souvent l'installation d'un trouble important du sommeil – l'annonce d'une « rechute » et peut prendre immédiatement contact avec son thérapeute. S'il s'agit d'une première manifestation de la maladie, l'admission dans un service spécialisé et l'instauration d'un traitement ont, là encore, toute chance d'être rapides car, malgré les apparences et malgré la fascination qu'exercent sur elle, par les médias, les comportements originaux ou marginaux, la société actuelle reste peu tolérante à la déviance et l'on hospitalise bien vite la plupart des « agités ».
C'est à cette occasion que pourra encore s'observer le tableau classique de l'accès maniaque, qui était autrefois durable, et qui est aujourd'hui « décapité » en quelques jours par le traitement. Il est dominé par l'accélération des activités motrices et intellectuelles et par l'exaltation euphorique.
Tout peut se voir, depuis la subagitation incessante jusqu'à l'activité effrénée, toujours désordonnée et inefficace, parfois violente et destructrice. La résistance à la fatigue ne manque pas d'étonner, compte tenu des efforts que le malade peut déployer, de jour comme de nuit.
La pensée est accélérée, chaotique ; le mani […]
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