3. La prise en considération du mécanisme de réponse
Dans la perspective de la psychophysique classique comme dans celle de la psychophysique de Stevens, la réponse du sujet est supposée traduire directement l'intensité de l'excitation : aucune place n'est faite dans la théorie aux particularités de la réponse ni aux conditions dans lesquelles elle est fournie. Or, on a constaté, dans la mesure des seuils absolus, que, si par la consigne on invite le sujet à répondre positivement, même lorsqu'il est peu sûr de l'exactitude de sa réponse, on obtient des seuils plus bas. On peut supposer que le fait de donner une réponse indiquant la présence du stimulus représente pour le sujet un certain coût et qu'il ne la donnera que s'il a un niveau de certitude suffisant. Dans cette perspective, le fait que le sujet n'ait pas donné une réponse positive ne signifie pas nécessairement qu'il n'a rien perçu du stimulus. On est alors amené à essayer de faire la part de ce qui relève de l'excitation et de ce qui relève de l'émission de la réponse. Pour cela, il est nécessaire d'avoir un modèle explicite de la production de la réponse.
Un tel modèle a été proposé dans leur « théorie de la détection du signal » par W. P. Tanner et J. A. Swets. Considérons une situation dans laquelle on peut avoir soit un bruit blanc seul (bruit), soit ce même bruit blanc accompagné d'un signal sonore (signal bruit). À chaque stimulation par le bruit blanc correspond une excitation qui peut varier d'un essai à l'autre et que l'on suppose répartie suivant une distribution déterminée (gaussienne, par exemple). De la même façon, à chaque stimulation engendrée par la condition « signal et bruit » correspond une excitation variable des récepteurs qui suit également une distribution gaussienne. La moyenne de cette dernière distribution est supérieure à celle de la première.
Le sujet doit dire à chaque essai si c'est le cas B ou le cas S qui s'est réalisé. Il dispose d'une matrice de coûts et de gains : il gagne une somme G1 s'il a dit B, alors que […]
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