7. Le statut de la psychophysiologie
On pourrait se demander si le caractère un peu disparate de la psychophysiologie ne fait pas de cette dernière un terrain d'étude particulièrement instable où ne devraient s'avancer qu'avec réticence psychologues et physiologistes. Une telle crainte apparaît cependant peu raisonnable si l'on songe que les mécanismes essentiels étudiés respectivement par ces deux groupes de chercheurs sont, « par le jeu des régulations organiques et de l'adaptation au milieu, au service de ces grands impératifs : maintien et propagation de la vie » (Fessard, 1959). La psychophysiologie se trouve par conséquent devant une tâche qui lui est tout à fait propre dans la mesure où son objet – l'étude des mécanismes physiologiques qui conditionnent le comportement de l'individu aux prises avec son environnement – fait partie nettement des sciences biologiques. Quels fruits la psychophysiologie n'a-t-elle pas retirés, et ce n'est là qu'un exemple, de l'application à l'étude des comportements alimentaires, des modèles typiquement biologiques d'homéostasie (Grossman, 1967) !
Il ne faudrait pas en conclure pour autant que l'insertion de la psychophysiologie au cœur des sciences biologiques exclut de son champ d'étude les concomitants subjectifs du comportement, tels qu'ils apparaissent à la conscience, car ils sont parfois essentiels à la compréhension d'une conduite ou d'un mécanisme cérébral : seulement, ils doivent être étudiés non avec l'intention de comprendre la nature du phénomène subjectif sur le plan physiologique, entreprise étrangère à la science, mais dans le dessein « pragmatique » (Pribram, 1965) de découvrir la structure des relations unissant, comme on l'a vu plus haut, « les systèmes matériels d'ordre causal et les systèmes implicatifs de signification » (Piaget, 1967).
[…]… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 8 pages…



