4. Neurosciences et psychophysiologie
Sans se substituer le moins du monde à l'approche phylogénétique dont on vient de voir tout l'intérêt, le mouvement contemporain des neurosciences a le mérite de répondre au besoin croissant d'interdisciplinarité de la part de tous ceux qui étudient les mécanismes cérébraux des comportements, et qui proviennent souvent d'horizons méthodologiques très différents. Le succès des neurosciences et l'essor considérable qu'ont donné celles-ci à la psychologie s'expliquent essentiellement par le fait que les chercheurs ont réalisé que l'étude du cerveau à un niveau donné de complexité – neuronique, par exemple – est de peu de secours pour la compréhension du cerveau et du comportement si les résultats de cette étude ne sont pas confrontés à ceux qui sont obtenus à des niveaux différents de complexité – population de neurones, réaction motrice, comportement complexe.
Les neurosciences n'auraient cependant pas atteint le niveau d'efficacité qu'on leur connaît aujourd'hui s'il n'y avait pas eu, parallèlement, d'importantes recherches dans le domaine de l'épistémologie des sciences. La théorie des systèmes, notamment, établit le principe d'émergence, d'après lequel un système possède des propriétés « émergentes » que ses composants n'ont pas. Un système – une population de neurones, par exemple – possède un degré de complexité plus grand que ses parties – les neurones – et possède donc des propriétés irréductibles à celles de ses composants. Cette irréductibilité doit être attribuée à la présence des relations qui unissent les composants (J. Ladrière). La théorie des systèmes permet de placer l'homme à un certain niveau d'une hiérarchie de systèmes superposés d'une complexité croissante d'un niveau à l'autre, depuis les atomes constituant le cerveau jusqu'à la société dans laquelle il se regroupe avec d'autres hommes. L'homme est un système bio-psycho-social (Bunge) dont la spécificité est de posséder conscience réflexive et langage, et dont le […]
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