9. Pharmacopsychoses
Dans un autre ordre, la question de la similitude ou de l'identité entre psychoses expérimentales et psychoses véritables s'est trouvée renouvelée par la connaissance qu'on a désormais des pharmacopsychoses apparaissant au cours des toxicomanies modernes aux hallucinogènes, aux amphétamines ou aux stupéfiants. Les intoxications massives produisent des états de « schizophrénie aiguë » dont la nature risque de n'être pas reconnue en l'absence de la connaissance de l'agent causal. Les abus répétés de substances variées aboutissent à des états déficitaires, à des déséquilibres de l'humeur et au développement de thèmes délirants qu'il est de plus en plus difficile, au cours de l'évolution, de différencier de ceux qui sont dus aux psychoses vraies. Ainsi les caractères massif et chronique de l'intoxication conduisent-ils à des troubles profonds qui se confondent avec ceux de la psychopathologie réelle.
De ce qui précède on pourrait conclure que la psychopharmacologie a sans doute devant elle un champ de recherche plus étendu que celui qu'elle a déjà exploré. Le principe du traitement des troubles mentaux par des méthodes médicamenteuses ne cesse de s'étendre grâce à la mise en œuvre d'agents nouveaux, plus puissants, plus spécifiques ou plus maniables. Mais c'est seulement en découvrant les causes profondes des maladies mentales et leurs mécanismes biologiques et psychologiques qu'on pourra y faire face par des moyens de mieux en mieux appropriés.
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