4. De la psychotechnique à la psychologie scientifique
L'extension des applications pratiques de la méthode des tests n'a pas toujours marché de pair avec le développement de la recherche théorique. Bien souvent, les applications ont même précédé cette recherche ou ont été opérées sans grand souci de leurs justifications théoriques. Nombre de tests reposent encore sur une certaine psychologie des « facultés » ou sur une psychologie implicite du langage commun. Les tests dits d'intelligence, de mémoire, d'attention, par exemple, pouvaient être conçus et utilisés comme servant à étudier l'intelligence, la mémoire ou l'attention, en supposant que ces mots désignaient des concepts très exactement définis et circonscrits, sur la définition desquels existerait un accord unanime. De nombreuses controverses sur la validité des tests d'intelligence s'expliquent ainsi par le souci assez vain de chercher à « mesurer » de façon précise par un instrument une entité dont les définitions sont à la fois vagues et multiples. Cette conception, que recouvre assez bien le terme un peu vieilli aujourd'hui de psychotechnique, n'envisage ainsi que les applications pratiques en supposant la psychologie complètement et définitivement achevée, et en stérilisant par là toute recherche scientifique.
Plus féconde apparaît l'attitude qui envisage les résultats du test lui-même comme faisant partie des données d'expérience, comme étant propres à alimenter la réflexion et la recherche. C'est ainsi, par exemple, que la notion de construct validity est apparue en 1954 dans la version définitive des « Recommandations techniques pour les tests psychologiques et les techniques de diagnostic » formulées par l'American Psychological Association. Cronbach et Meehl définissent le construct comme « un attribut hypothétique des individus, que l'on suppose être reflété par les résultats d'un test ». Cet attribut hypothétique doit être considéré dans un certain ensemble de relations résultant d'une procédure logique et ex […]
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