3. Deux programmes pour étudier la cognition animale
Deux approches, aux objectifs théoriques distincts, caractérisent le champ de la psychologie animale : la première est dite généraliste et la seconde écologique (D. A. Riley et C. M. Langley, 1993 ; J. Vauclair, 1996).
Le premier type de programme est très largement soutenu par les chercheurs de laboratoire. Il est dit généraliste dans la mesure où les comparaisons réalisées entre les différentes espèces animales, parfois éloignées sur le plan phylogénétique, cherchent à découvrir si elles structurent de façon semblable l'information puisée dans l'environnement. Autrement dit, les comparaisons servent à établir l'identité et les différences de traits cognitifs entre les espèces.
La démarche écologique, appelée à ses débuts « approche synthétique » (A. C. Kamil, 1978), traite de l'adaptation des animaux ainsi que de leurs capacités à résoudre des problèmes dans leur milieu naturel. Le champ d'étude privilégié est celui des comportements spontanés, et en particulier ceux qui ont une validité écologique pour les espèces concernées : capacités d'orientation, reconnaissance individuelle, communication au sein du groupe ou de l'espèce (par exemple, la perception et l'apprentissage du chant chez les oiseaux, ou le comportement spatial des oiseaux, et plus particulièrement les capacités mnémoniques de certaines espèces, comme la mésange, qui stocke des graines dans des centaines de lieux différents [S. J. Shettleworth, 1983]).
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