7. Couples d'opposés et polarités dans la genèse du moi
La succession des étapes de la formation du moi, dont la structure est isomorphe par rapport à la dialectique précédente, met elle-même en jeu, dans le cadre coordonné d'une genèse de l'amour et de la haine, un ensemble complexe de deux systèmes d'opposition (Gegensätze), dont l'un se définit comme constitué de trois couples d'opposés (Gegensatzpaar), l'autre de trois polarités (Polarität). Dans ce deuxième volet de sa théorisation, Freud déplace le référentiel de la première analyse, en substituant à la notion de pulsion partielle celles d'amour et de haine. En réalité, cette seconde analyse concerne la genèse du moi comme objet total, d'un moi-total (Gesamt-Ich). Or l'amour et la haine se présentent non comme des pulsions, mais comme des « sentiments », autrement dit comme des tendances totales, qui expriment « les relations de ce moi-total aux objets comme ses sources de plaisir ». Par ailleurs, le moi-sujet de la première analyse n'y apparaît corrélé qu'au seul objet qu'est le corps – tout d'abord son propre corps, puis, dans un second temps, celui du partenaire pervers. Dans la seconde analyse, le moi-total est confronté à l'ensemble du non-moi, c'est-à-dire du monde extérieur comme objet lui-même total.
Pour mieux indiquer le jeu précis selon lequel s'articulent les termes des différents couples impliqués dans la série des niveaux de cette genèse du moi, elle-même ajustée à la genèse de l'amour et de la haine, on peut les présenter au moyen de symboles en lettres et chiffres. Le premier système d'oppositions concerne les trois couples d'opposés dans lesquels il est possible de faire entrer le terme « aimer » :

Le second système d'oppositions concerne « les trois grandes polarités qui dominent la vie psychique » et qui « se nouent de façon très significative les unes aux autres » :

Ces trois polarités sont qualifiées respectivement par Freud comme […]
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