1. Le traitement des contraires dans le travail du rêve
En ce qui concerne la contradiction, Freud souligne que le contenu latent du rêve peut comporter divers sentiments apparentés de contradiction, d'ironie, de mépris, de haine. Dans les idées latentes du rêve, « presque toujours, à côté d'une association d'idées, se trouve son opposé contradictoire » (kontradiktorisches Widerspiel). Ce « sentiment de contradiction » (Widerspruch) s'exprime alors par l'absurdité, la configuration insensée du rêve manifeste, voire, à l'occasion, par la sensation de l'impossibilité à se mouvoir, ou à faire quelque chose. « Il faut donc corriger, remarque Freud, l'affirmation précédemment émise selon laquelle le rêve ne peut exprimer la contradiction, le non » (1900, 1901, 1907).
Quant au maniement par le travail du rêve des « opposés » (Gegensätze) et des « contraires » (Gegenteile), Freud décrit deux mécanismes essentiels. Le premier est l'identification (Identifizierung) des opposés, d'ailleurs présentée comme un cas particulier du mécanisme de condensation : « Le rêve excelle à réunir les opposés et à les représenter en un seul objet [...], en un seul et même élément manifeste [...] qui peut signifier l'un et l'autre à la fois. » L'usage privilégié de ce mécanisme tient au fait que, à l'inverse des autres relations logiques et surtout de celle de contradiction, la ressemblance, le « de même que », est « la seule des relations logiques favorisée par le mécanisme de la formation du rêve ». D'où le double usage du mécanisme de l'identification par condensation, qui opère soit sur des éléments analogues de la pensée latente, soit aussi bien sur des opposés, traités alors de la même manière que ceux-ci (1900, 1901, 1910, 1916-1917, 1924). Le second mécanisme est décrit par Freud au moyen d'expressions variables telles que l'inversion, le renversement (Umkehrung, Verkehrung), la transformation dans le contraire (Verwandlung ins Gegenteil), la représentation par le contraire (Darstellung durchs Gegenteil). Alors qu […]
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