L'un des meilleurs romanciers du positivisme polonais, Bolesław Prus, est né en Volhynie à une époque encore tout imprégnée de romantisme. Il a glorieusement participé à l'insurrection de 1863, le dernier des grands mouvements de libération de l'époque romantique. Sa formation sera celle d'un autodidacte et il gagnera sa vie comme ouvrier ou précepteur. Attiré par le journalisme, Prus est dès 1864 correspondant de divers quotidiens de Varsovie. À partir de 1875, le Courrier de Varsovie lui ouvre dans ses colonnes une « Chronique » hebdomadaire qui ne tarde pas à le rendre célèbre.
Le journalisme a été pour Prus une excellente école d'observation qui, alors qu'il était déjà sous l'influence d'Auguste Comte et de Spencer, l'a rendu sensible aux processus socio-économiques. Mais bientôt le journalisme ne lui suffit plus et à partir de 1879 Prus se fait connaître comme auteur de nouvelles : Michałko (1880), L'Orgue de barbarie (1880), Antek (1881), Le Gilet (1882) ; ou de récits : Le Reflux et Angélique (1880), Péchés d'enfance (1883). Ces œuvres révèlent son aptitude à brosser des portraits réalistes du p […]
