La notion de province minérale est directement associée à celle de province métallogénique. Mais, si cette dernière se traduit par la mise au point de cartes métallogéniques, la province minérale se limite à la confection de cartes de gîtes minéraux ou de substances minérales considérées comme utiles.
Par substance minérale utile, on entend toute formation minérale naturelle, employée dans l'économie soit à l'état brut, soit après un traitement préalable. On distingue :
– les minerais, qui correspondent aux éléments suivants : plomb, zinc, cuivre, vanadium, antimoine, mercure, or, arsenic, soufre, cobalt, nickel, argent, titane, chrome, platine, zirconium, uranium, étain, wolfram (tungstène), molybdène, bismuth, lithium, béryllium, thorium, lanthanides (terres rares), tantale, niobium, fer, manganèse, aluminium, et qui englobent aussi la pyrite ;
– les substances minérales non métalliques qui s'emploient à l'état naturel (sel gemme, potasse, gypse, phosphates) ou en tant que matière première dans telle ou telle industrie, et qui comprennent les matériaux de construction (pierre à bâtir, moellons, matières premières pour le ciment, graviers, sables, argiles) ; la matière première industrielle (graphite, micas, talc, kaolin, etc.) ; la matière première chimique (bore, brome, fluor) ;
– les minéraux combustibles : charbons, lignites, schistes bitumineux, pétroles, gaz naturels ;
– l'eau, les sources thermales...
On trouve ainsi définies de par le monde des provinces à or, à mercure, à fluor, à sel gemme, à charbons, etc.
Le contenu minéral de telles provinces peut être simple, comme dans ces exemples, ou, au contraire, relativement complexe : province à étain-wolfram, province à nickel-cobalt-argent, etc.
Si le concept de province métallogénique recouvre à la fois une notion d'espace et une notion de temps, celui de province minérale n'implique pas nécessairement cette notion temporelle. Il existe, ainsi, des cartes où se superposent des gisements d'une même substance minérale utile, mais d'âges très différents : associées à d'autres cartes qui tiennent compte de ceux-ci, elles sont alors à même de bien mettre en évidence les zones de l'écorce terrestre plus particulièrement « impliquées » au cours de l'histoire géologique de notre globe ainsi que les zones de réaction et, par conséquent, de bien souligner et les phénomènes de permanence et les phénomènes d'héritage.
Guy TAMAIN
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