Plutôt qu'un genre littéraire, le proverbe est, à l'origine, un divertissement de salon dont la naissance a été favorisée par la brillante vie mondaine de la fin du règne de Louis XIII. C'est « une scène en plusieurs scènes qu'on écrivait ou que souvent on improvisait entre soi sur un simple canevas et qui renfermait un petit secret [...]. Le secret était le mot même du proverbe (par exemple : Selon les gens, l'encens ; ou bien : Il ne faut pas jeter le manche après la cognée), mot qui était enveloppé dans l'action et qu'il s'agissait de deviner » (Sainte-Beuve). Ce jeu de société nécessitait des acteurs d'occasion, les habitués des salons, qui avaient le double plaisir de jouer la comédie et d'intriguer leur public, lequel s'amusait pour sa part à chercher l'énigme. Le règne de Louis XIV, marqué par l'éclat des divertissements royaux, nuisit à la vie mondaine parisienne, ce qui limita à la province ces jeux de salons. Furent publiés, en appendice au Voyage de campagne de la comtesse de Murat, les proverbes de Mme Durand. À cette époque, Mme de Maintenon écrivit des proverbes pour les demoiselles de Saint-Cyr, qui ne paraîtront qu'en 1829. Il faut […]
