Les prostaglandines sont des substances lipidiques dérivées d'acides gras poly-insaturés, que l'on trouve dans la plupart des tissus animaux. Produites localement, elles ont un rôle biochimique fondamental comme médiateurs des fonctions cellulaires, et les altérations de leur production entraînent des troubles pathologiques graves.
Les prostaglandines, de même que les thromboxanes, les leucotriènes et les lipoxines, appartiennent à la famille des eicosanoïdes ; elles dérivent, pour les plus importantes d'entre elles, des acides dihomo-γ-linolénique (20 atomes de carbone, 3 doubles liaisons) et arachidonique (20 atomes de carbone, 4 doubles liaisons). Malgré leurs diversités d'actions physiologiques et les espoirs qu'elles ont suscités au début de leur découverte, les applications thérapeutiques restent encore aujourd'hui limitées.
1. La découverte des prostaglandines
Tout a commencé dans les années 1930 lorsque R. Kuzrok et C. Lieb décrivent les actions du sperme humain fraîchement émis qui, instillé dans l'utérus ou appliqué sur des fibres utérines isolées, provoque tantôt de fortes contractions, tantôt une complète relaxation. En 1933 et 1934, M. W. Goldblatt en Grande-Bretagne et U. S. von Euler en Suède reprirent l'étude de la stimulation du muscle lisse par des extraits du fluide séminal, et Euler montra, en 1935, que cette activité biologique était due à un lipide acide qu'il appela prostaglandine, improprement d'ailleurs, puisque cette dernière est produite dans les vésicules séminales et non dans la prostate comme cela fut montré en 1959 par R. Eliasson ; néanmoins, le nom déjà populaire subsista.
Puis, pendant une vingtaine d'années, aucun autre progrès n'a été enregistré, car les prostaglandines sont produites en très faible quantité par l'organisme et très rapidement détruites, et il fallut attendre les progrès des techniques de séparations et d'analyses telles que la chromatographie, la spectrographie de masse pour qu'on identifie un grand nombre de prostaglandines. La première étape fut l'isolement par S. Bergström et J. Sjövall, dès 1957 et 1960, de deux prostaglandines, qu'ils appelèrent F e […]
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