5. Les aspects industriels
Tous les principes fondamentaux de la propulsion aéronautique par turbine à gaz ont été énoncés par un certain nombre de pionniers dès avant la Seconde Guerre mondiale. Depuis lors, les équipes d'ingénieurs utilisant des moyens de calculs, de laboratoires et d'essais de plus en plus puissants ont fait progresser le niveau technologique de façon continue, permettant aux idées de ces inventeurs de devenir réalité le moment venu, quelquefois avec un décalage de plusieurs dizaines d'années. En effet, la réussite d'un pas technologique en propulsion est un processus long car c'est l'aboutissement de dix à quinze ans de recherches coordonnées dans souvent plus de dix domaines techniques.
Le moteur d'aviation est donc un produit de très haute technologie qui réclame une grande continuité et un niveau élevé dans les recherches et développements. Les principaux constructeurs y consacrent souvent plus de 25 p. 100 de leur chiffre d'affaires.
En dehors de l'ex-U.R.S.S., tous les constructeurs capables de conduire un programme de moteur d'aviation sont concentrés aux États-Unis, en Grande-Bretagne et en France, tandis que des industriels d'Allemagne, d'Italie, d'Espagne, de Suède, du Japon, de Russie et de Chine sont susceptibles d'y participer partiellement. La coopération permet aux pays de ce second groupe d'acquérir des capacités dans des domaines de haute technologie, alors que, pour ceux du premier groupe, elle offre un accès élargi aux marchés et autorise la conduite simultanée de nombreux programmes en s'ouvrant à des financements extérieurs.
Ainsi, la plupart des grands programmes de moteurs pour avions commerciaux sont réalisés en coopération internationale soit sous la conduite d'un maître d'œuvre pour les plus gros Pratt et Whitney 4000, General Electric CF 6-50/80 et GE 90, soit sous l'égide d'une société commune créée pour diriger et commercialiser le projet comme C.F.M. International (partenariat S.N.E.C.M.A.-General Electric pour le CFM 56) et International Aero Engines (association Pratt et Whitney, Rolls-Royce, Japanese A.E. Corp., MTU et Fiat pour le V 2500).
Les coopérations sont plus rares dans les programmes de défense car elles supposent une communauté de besoins opérationnels, une convergence d'objectifs stratégiques et une continuité de la volonté politique entre les États désireux de s'associer.
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