3. Les oracles des prophètes
Les prophètes ont agi par leurs paroles et par leurs gestes symboliques (fréquents chez Jérémie et Ézéchiel), d'autant plus efficaces qu'ils étaient commandés par Yahvé. Ils ont été en premier lieu des orateurs, dont les déclarations devraient être entendues plutôt que lues ; ce n'est que peu à peu et poussés par la nécessité (Jér., xxxvi), qu'ils se sont mis, eux ou leurs disciples (par exemple Baruch pour Jérémie), à écrire leurs oracles. Diverses collections de « prophéties » ont été ainsi constituées, puis remaniées et complétées pour former les livres prophétiques dans leur présentation actuelle ; certains d'entre eux ont une histoire longue et complexe, comme l'atteste le livre d'Isaïe.
Pour communiquer à leur peuple la parole de Yahvé, les prophètes n'ont pas usé d'un langage sacré ; ils ont emprunté aux traditions d'Israël, et notamment au monde juridique, cultuel ou sapiental, les diverses formules qu'ils ont utilisées. Leurs oracles, souvent introduits par « Ainsi parle le Seigneur... » (style du messager de cour), sont soit des réquisitions ou des menaces (Is., i et v ; Am., v et vi), soit des exhortations (Am., iv-v ; Jér., iv), soit des enseignements (Is., i ; Os., vi). On trouve également chez eux des paraboles (Is., v), des élégies (Am., v ; Is., xiv), des liturgies (Is., lxiii-lxiv), des prédications à la manière deutéronomiste (Jér., vii), des poèmes allégoriques (Ézéch., xv et xix) et, à travers tout le livre du Second Isaïe (Is., xl-lv), des hymnes, des disputes, des « oracles sacerdotaux de salut ». Bref, le message prophétique se caractérise par une variété de formes qui révèle combien les prophètes connaissaient la vie profane et religieuse de leur temps.
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