2. La psychologie des prophètes
Les prophètes d'Israël lient leur vocation à une intervention de Yahvé : ils ont vu le Dieu d'Israël (Is., vi ; Ézéch., i), sa main les a saisis (Am., vii), l'Esprit les conduit (Ézéch., ii-iii ; xxxvii). Poussés par une force qui les domine, ils accomplissent des actes étranges : Osée doit épouser une prostituée (Os., i-iii), Isaïe se promener nu, c'est-à-dire en tenue d'esclave, dans les rues de Jérusalem (Is., xx), Jérémie porter un joug (Jér., xxviii), Ézéchiel manger des excréments (Ézéch., iv). On s'est interrogé à ce propos sur la psychologie des prophètes et on a parlé d'extases, d'hallucinations, de « pathos » ; on a évoqué les particularités de la mentalité primitive ou fait appel aux mystiques. En fait, il n'existe pas une psychologie prophétique unique, chaque prophète a son tempérament propre. Il suffit de comparer la sobriété d'Amos à la sensibilité de Jérémie, la noblesse d'Isaïe aux bizarreries d'Ézéchiel pour s'en convaincre. Ce qui fait un prophète, ce n'est pas une prédisposition psychique, mais l'action de Yahvé, bien que celle-ci sache se servir du caractère et même du subconscient de ses porte-parole.
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